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 Un constat.

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Thierry
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MessageSujet: Re: Un constat.   Mer 14 Sep - 10:17

A l'école, on trie le papier, le carton, le plastique et les emballages pour la cantine, on a un compost et un potager. Et les enfants mangent parfois leurs légumes.
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Nelly
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MessageSujet: Re: Un constat.   Jeu 15 Sep - 16:00

anémone a écrit:
dombom a écrit:
Pourquoi n'enseigne-t-on pas clairement à l'école, les règles du tri sélectif ?
Voilà un sujet d'éducation civique qui ne devrait susciter aucune polémique et faire l'unanimité, non ?
Bonne idée...mais... les adultes sont plus qu'indisciplinés...
Quand les enfants sont bien motivés, ils peuvent réussir à discipliner leurs parents, du moins certains. Tant mieux si ça se fait, chez Thierry, mais il faut beaucoup d'explications pour qu'ils soient vraiment motivés !
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Brumes
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MessageSujet: Re: Un constat.   Jeu 15 Sep - 16:05

Nelly a écrit:
anémone a écrit:
dombom a écrit:
Pourquoi n'enseigne-t-on pas clairement à l'école, les règles du tri sélectif ?
Voilà un sujet d'éducation civique qui ne devrait susciter aucune polémique et faire l'unanimité, non ?
Bonne idée...mais... les adultes sont plus qu'indisciplinés...
Quand les enfants sont bien motivés, ils peuvent réussir à discipliner leurs parents, du moins certains. Tant mieux si ça se fait, chez Thierry, mais il faut beaucoup d'explications pour qu'ils soient vraiment motivés !

-- J'ai mis en rouge pour les daltoniens !

Mais c'est ben vrai !!! Les philozamiens ne sont pas concernés bien entendu

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stip
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MessageSujet: Re: Un constat.   Sam 18 Fév - 8:45

Frank a écrit:
La société (je décentre volontairement de l'école) n'est plus un vecteur de culture. L'école met l'accent sur une capacité à raisonner (m'enfin, c'est la vision positive que j'en ai quand je me force ... beaucoup) et non l'acquisition de connaissanceS pour se forger une connaissance.
Ouverture sur moult sujets certes, bien plus qu'à mon époque (qui commençait déjà à sentir le sapin) mais sans trouver ce levier difficile qui leur permettra de réellement les assimiler ou, pour te rejoindre, Thierry, les intéresser.

Quand tu cites les références actuelles dans lesquelles baignent les enfants, les valeurs dans lesquelles ils évoluent, je suis très inquiet...

La lecture Question Elle meurt...

La valeur travail Question Elle agonise...

La notion d'effort avec en point de mire une gratification autre que financière ou sociétale Question Elle disparaît...

What a Face

Je reprends ceci, car c'est exactement la préoccupation (que dis-je? La colère !) de nombreux parents actuellement et je dis sans ambages, que mon pays est abandonné par son socle :
L'école publique .
Ne lui demandez plus d'être " optimiste" tant que ça perdurera.
Ça m'est revenu en pleine face, pour avoir écouté ma soeur parlant de la scolarité de son fils en 5e actuellement.

Extraits de conversation :
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stip
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MessageSujet: Re: Un constat.   Sam 18 Fév - 9:36

- Parce que tu peux y aller, leurs gosses à eux (aux enseignants) quand ils arrivent au collège, ils ont les bases! Dit-elle énervée avant de continuer.
Les autres? Ils n'en ont rien à f.... silent
-le croiras-tu? Je suis allée voir ses profs et, la prof de français me faisait part des difficultés qu'elle avait de plus en plus,avec les connaissances de ses élèves, elle m'a même ajouté être obligée de surnoter, même si les exigences de la 5e d'aujourd'hui n'étaient guère supérieure à celles du CM2 d'autrefois!
-mais, je lui ai dit à la prof....
«croyez-vous un instant qu'ils ont sérieusement étudié ne serait-ce que les conjugaisons?
Je n'ai cessé de demander aux instits du primaire quand devaient ils savoir autre chose que présent+ futur + imparfait de l'indicatif point barre....
eh bien.... Ça n'a été "JAMAIS"
Le conditionnel? JAMAIS...
même pas en sixième! on ne parlera même pas du subjonctif!
La prof de Français se plaint parce que les gamins étaient incapables de faire un exercice tout bête....., mais c'est pareil pour les langues étrangères comment mémoriser sans bases ?
En fait, c'est la même chose pour tout, pas que pour les langues, en fonction des instits qu'ils auront, par hasard, ton gosse pourra continuer, faire des études supérieures s'il le désire ou alors être sabré à la base et Nathan (son fils) n'a eu qu'une seule instit structurante,un an, avec des exigences.
Sinon....
Oh, c'est sûr, cool-cool, il n'était pas dérangé d'allé par l'école Rolling Eyes (d'ailleurs comme la plupart des gamins c'est tout ce qui compte, nous aussi si on avait pu Rolling Eyes )
mais je me demande ce qu'il y a appris.
Ça allait dans tous les sens au gré des marottes des instits, plus de cahiers, des feuilles dans tous les sens,des boûts de papiers collés dessus. Du grand n'importe quoi! Pas de progression, pas de suite, pas de mémorisation..... Comment veux-tu que les gamins puissent prendre ça au sérieux? »

-Et attends, lui fis-je, tandis que je me disais qu'il n'y avait rien de nouveau à l'éducation nationale, ce n'est pas pour Nos gamins que c'est le plus grave!
Comment veux-tu créer la cohésion culturelle d'un pays dont le socle est devenu à ce point inconsistant?
Il y a une dizaine d'année, le proviseur de mon collège m'avait dit : "ce n'est pas faute de moyens, les moyens, on les a mis, j'en ai fait l'expérience là d'où je viens.... Ça n'a rien donné. Alors... C'est le primaire qui déraille, avais-je conclu! Mais...je le savais déjà.... Avant d'avoir mes enfants.

Cette discussion avait commencé, simplement parce que j'avais vu un reportage qui montrait que de plus en plus de parents "créaient" des écoles pour leurs gosses.
Ma frangine, il y a une douzaine d'année, avant d'être mère, aurait trouvé ça "craignos" , aujourd'hui.... Elle comprend tout à fait scratch .
Aujourd'hui, elle n'exclut pas d'envoyer son fils dans le privé, et pourtant.... Elle n'avait pas le profil :--D:


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Rime
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MessageSujet: Re: Un constat.   Sam 18 Fév - 10:01

Je crois, qu'il est également déstabilisant d'engranger pour nos enfants des connaissances qui les amène à un avenir totalement incertain.Cela n'est pas une excuse bien sûr mais je crois fermement que lorsqu'une société n'apporte aucune garantie sur son devenir,il est difficile pour les enfants et tous ceux que l'on éduque d'y adhérer.Pourquoi l'éducation de l'après-guerre( qu'importe laquelle) semble t'elle plus riche, plus valorisante? parce qu'elle répond bien souvent à la nécessité vitale de rebâtir, reconstruire. Je ne suis pas( et loin de moi cette horrible idée, pro-guerre) mais il semblerait tout de même judicieux à notre système éducatif de tirer quelques réflexions de ce constat.Que dire à des jeunes arrivant avec un diplôme au nom ronflant qui leur a couté financierement et en temps d'études sur un marché de l'emploi totalement délité?
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Nelly
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MessageSujet: Re: Un constat.   Sam 18 Fév - 10:01

stip a écrit:
-Ma frangine, il y a une douzaine d'année, avant d'être mère, aurait trouvé ça "craignos" , aujourd'hui.... Elle comprend tout à fait scratch .
Aujourd'hui, elle n'exclut pas d'envoyer son fils dans le privé, et pourtant.... Elle n'avait pas le profil :--D:
Ca ne m'étonne pas du tout. Mais comment faire pour restructurer tout ça, le rendre plus cohérent ? On a l'impression que c'est un peu comme ailleurs : on pare au plus pressé, mais on ne prend pas le temps de se poser, de réfléchir, et de créer des règles sensées qui arrangeraient tout le monde, en réalité !
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Nelly
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MessageSujet: Re: Un constat.   Sam 18 Fév - 10:13

Rime a écrit:
Je crois, qu'il est également déstabilisant d'engranger pour nos enfants des connaissances qui les amène à un avenir totalement incertain.
Certes, leur avenir est incertain. Mais que dire de tous ceux qui sortent de l'école puis sont totalement illettrés.

Je te donne des chiffres que j'ai justement sous la main :

"Près de 30 % des jeunes de 17 ans participant à la journée "Défense citoyenneté" sont repérés comme illettrés. Il n'existe par en France d'évaluation du coût économique de l'illettrisme."

"Dans son dernier rapport de septembre 2011 intitulé "Les inégalités à l'école", le Conseil économique, social et environnemental (CESE) indique que '15% des élèves connaissent de sérieuses difficultés dès le début de leurs scolarité'. Un chiffre à rapprocher des 18% de jeunes sortant du système scolaire sans diplôme? Ceci expliquerait-il cela ?"


Comment quelqu'un de totalement illettré pourrait-il trouver sa place dans la société actuelle ? Suspect

Rime a écrit:
Cela n'est pas une excuse bien sûr mais je crois fermement que lorsqu'une société n'apporte aucune garantie sur son devenir,il est difficile pour les enfants et tous ceux que l'on éduque d'y adhérer.
A la base, un enfant n'a pas ce souci. On lui propose une éducation qui se devrait ouverte, enrichissante, mais contraignante, également.

Rime a écrit:
Pourquoi l'éducation de l'après-guerre( qu'importe laquelle) semble t'elle plus riche, plus valorisante? parce qu'elle répond bien souvent à la nécessité vitale de rebâtir, reconstruire.
Mai 68 n'était pas passé par là... Crying or Very sad

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stip
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MessageSujet: Re: Un constat.   Sam 18 Fév - 10:22

Rime a écrit:
Que dire à des jeunes arrivant avec un diplôme au nom ronflant qui leur a couté financierement et en temps d'études sur un marché de l'emploi totalement délité?

Oui... Il y a le problème de l'enseignement supérieur.... Également.

Je crois que tu penses à l'après-guerre parce que c'est ce que tu as connu...
Tu te situes exactement entre la génération de mes parents et la mienne.
Mes parents sont allés à l'école avant et pendant la guerre.
Ma grand-mère instit avait un an de moins que Pagnol.
Je peux te dire qu'à l'époque si nombre d'enfants de 14 ans se mettaient à travailler après le certificat d'étude parce que les familles avaient besoin de sous pour nourrir tout le monde, ils avaient un socle de connaissances "bétonné", des valeurs aussi transmises au plus grand nombre, même à ceux qui avait des parents illettrés.
Les adultes parlaient d'une même voix.
Dignité, faire face ã ses responsabilités, aide toi toi-même.


Dernière édition par stip le Sam 18 Fév - 10:33, édité 1 fois
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stip
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MessageSujet: Re: Un constat.   Sam 18 Fév - 10:29

Nelly a écrit:
Mais comment faire pour restructurer tout ça, le rendre plus cohérent ? !
Revenir aux fondamentaux.... Donner une chance à tout enfant d'apprendre.
Ça débloque depuis les années 70....
Je l'ai vu, moi en tant qu'élève (Mais j'avais les bases des années 60) plus encore pour ma petite soeur qui a 3 ans de moins... Très net, cette dėstructuration.
Même si je trouvais ça (comme mon neveu) Cool-cool Top ! surtout dans mon lycée façon " péril jeune". Je n'ai d'ailleurs plus rien fichu mais... Que de bon souvenirs .... Pendant un temps Rolling Eyes Seulement.
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stip
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MessageSujet: Re: Un constat.   Sam 18 Fév - 11:04

Malgré ce que dit cette bande annonce qui parle de mon époque "lycée" si...tout a changé.
Le tissu social s'est délité, la faute à l'école, plus la même, nous étions des pionniers mais nous avions les bases.... Au moins

https://www.youtube.com/watch?v=5EkHEO2I0C0&feature=youtube_gdata_player

Et le climat n'est plus à la rigolade de toutes façons No , temps plus durs et plus violents, je l'ai vu avec mes enfants même si ils sont tirés d'affaire sur ce plan.... C'est déjà ça. Rolling Eyes
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Thierry
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MessageSujet: Re: Un constat.   Sam 18 Fév - 16:28

Trente ans dans le métier. Le niveau général a considérablement baissé, l'intérêt a considérablement baissé, la motivation est totalement détournée (gagner des millions en devenant footballeur ou princesse), une bonne partie des enseignants a laissé tomber, l'EN est une multinationale gérée par divers ministres et notamment celui de l'économie, une bonne partie des parents sont totalement dépassés et ne savent même pas ce que leurs enfants font en classe.
Et puis à côté de ce marasme, il y a des enseignants qui ont toujours la foi, des élèves qui sont passionnés, des parents qui sont au courant de tout ce qui se passe et qui s'investissent dans l'école, des enfants qui sont très réceptifs à des valeurs humaines, philosophiques, existentielles.
Alors, il faut faire un choix. Soit on dépense son énergie à se battre contre ce marasme ambiant au risque de s'y épuiser, soit on se concentre sur les individus qui répondent et participent volontairement à tout ce qu'on propose. Il ne s'agit pas d'abandonner les récalcitrants mais de leur montrer qu'ils ne monopoliseront pas l'énergie. S'ils préfèrent se pourrir la vie, pas de problème mais ils ne pourriront pas celle des autres.
Pour ce qui est de la politique de l'EN, il n'y a plus aucun espoir.
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MessageSujet: Re: Un constat.   Sam 18 Fév - 17:36

Thierry a écrit:
soit on se concentre sur les individus qui répondent et participent volontairement à tout ce qu'on propose.
Je crois que là n'est pas le problème, à l'ėcole des mes enfants, nombreux étaient les parents qui participaient aux activités travaux manuels, sorties, moi y compris Rolling Eyes
Ma soeur, qui habite à quelques 800kms, aussi était présente également et suivait au plus près le travail de son fils, d'ailleurs elle était inquiète de voir autant de différences d'un instit à l'autre.
les parents ne sont pas là pour faire un audit des enseignants, et, parmi ces derniers très peu sont clairs sur les objectifs de l'année, le programme et sur leur pédagogie du reste.
Les parents font confiance pour la plupart.
Ça, je l'ai vécu, d'autant que je ne voulais pas la ramener à titre personnel (ex instit puis parent d'élève ) Mes enfants n'ont jamais été en danger, j'étais derrière et bien placée pour les briffer, je le reconnais.
Puis.... C'est au collège qu'en général, les parents se rėveillent avec douleur et là il est trop tard.... Il faut bien remplir les filières professionnelles vous me direz Evil or Very Mad

C'est le rôle de l'instituteur et sa mission qui sont à redéfinir pour que les individus enfants ne voient plus leur destin soumis aux hasards de la carte scolaire (pourquoi tant de différences d'une école à l'autre?) puis aux hasard des individus enseignants qui les accueilleront..... Il y a vraiment quelque chose qui ne va pas.
La part du hasard ne devrait pas exister à ce point, dans ma lointaine enfance et celle de mon père, ça n'existait pas.... absence de cohérence, absence de cohésion....ou alors autant leur faire apprendre chez eux sur ordinateur scratch au moins les parents pourront superviser .
Ceux qui n'avaient pas l'intention de mettre leurs enfants dans le privé mais qui en viennent à changer d'avis, savent très bien que les enseignants n'y sont pas meilleurs, que les locaux peuvent être vétustes, les classes chargées.
Ce qu'ils cherchent justement? C'est de l'implication, des exigences, du suivi bref du sérieux Neutral un cadre structurant.
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Thierry
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MessageSujet: Re: Un constat.   Sam 18 Fév - 18:39

J'ai précisé qu'il ne s'agissait pas d'abandonner les récalcitrants mais d'apprendre à ne pas oublier les autres. c'est vrai d'ailleurs aussi pour les enseignants qui font leur boulot et j'en connais. Je sais aujourd'hui que les rapports de force ne mènent à rien et qu'en plus ils font du mal à ceux qui n'y sont pour rien et subissent cette ambiance délétère. Quand je fais le bilan de ma façon de travailler, je vois bien que les "pénibles" finissent bien souvent par rattraper le dernier wagon et à monter dedans parce qu'ils finissent par comprendre qu'ils ont plus à y gagner. Le rapport de forces n'aboutit jamais à ça.
Ensuite, pour ma part, il faudrait définir CLAIREMENT les objectifs de l'enseignement. Et là, je suis en opposition totale avec ma hiérarchie...Et depuis toujours d'ailleurs. Il n'y a eu que F Bayrou que j'ai trouvé intéressant comme ministre de l'EN. Il avait une vision existentielle du notre mission.
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stip
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MessageSujet: Re: Un constat.   Sam 18 Fév - 19:06

Thierry a écrit:

Ensuite, pour ma part, il faudrait définir CLAIREMENT les objectifs de l'enseignement.

Absolument d'accord, il y a un manque de lisibilité anxiogène pour les adultes (à commencer par les enseignants je pense ), et tout à fait préjudiciable aux enfants.

Thierry a écrit:


Il avait une vision existentielle du notre mission.

Un retour aux fondations de l'esprit d'égalité qui fit la grandeur de notre culture.
Pas un nivellement par le bas non, des objectifs élevés, tel était le credo du père de Pagnol et des enseignants qui ont étendu au plus grand nombre le droit à l'instruction,
Ceux-là avaient une idée haute et précise de leur rôle.
Les enfants d'aujourd'hui, les contextes ont changé, on a conscience des erreurs passées mais on a abandonné cette ambition par négligence.
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Thierry
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MessageSujet: Re: Un constat.   Sam 18 Fév - 19:58

Doit-on s'en tenir à l'instruction ou doit-on prendre en charge également l'éducation?

Pour ma part, la réponse est évidente. Sans éducation l'instruction est impossible. Il ne s'agirait que d'un intérêt pour le contenu et pas le contenant. J'entends par "éducation" non pas l'adhésion à une morale mais l'ouverture de l'humain à des notions spirituelles. L'instruction se limite à l'instruction d'un savoir. Pas nécessairement d'un savoir être. On peut être instruit et totalement inapte à la vie. L'éducation suppose une connaissance de soi, une conscience de la vie dans ce qu'elle a de plus profond. L'éducation doit promouvoir le développement de l'individu, un être sensible, intelligent, cultivé, respectueux, ouvert, critique et auto-critique, responsable, aimant, contemplatif et déterminé. Un être engagé et non passif. Celui qui reçoit de l'instruction est un être passif que l'on remplit. Mais dont le vide intérieur est un gouffre gigantesque quand son mental se complaît dans le gavage.

Je n'aime pas ce que l'école propose aux enfants. S'il ne s'agit que d'instruction, je ne suis qu'un subordonné aux mains d'un despote. Je ne veux pas formater, je ne veux pas de statistiques, pas de graphiques, pas de remédiations dès lors qu'on laisse croire que cela suffit à éveiller l'individu.

Je pense que l'enseignant est avant tout un éducateur, "un passeur de sens", comme le dit René Barbier. L'éducateur est en premier lieu celui qui "est" ce qu'il propose de transmettre. Il ne s'agit pas de leurrer l'auditoire, ça serait un mensonge inacceptable. L'enseignant est celui qui met toute sa passion, son énergie, son enthousiasme, sa joie de connaître et de "vivre" ses connaissances au service des enfants. Il est impossible de délivrer un message, quel qu’il soit, s'il n'y a pas de messager. Et il ne s'agit pas d'être simplement un facteur. Mais un éveilleur. La meilleure évaluation se trouve au fond des yeux des enfants. Qu'ils soient brillants d'ardeur et la mission est menée. Le reste suivra. Peu importe le temps que ça prendra. Il convient de respecter les rythmes de chacun. Ce qui compte, c'est que le brasier soit allumé. Chaque individu y apportera le combustible nécessaire en fonction de ses désirs, de ses forces. Il n'y a pas de technique, il n'y a que l'énergie. Et l'Amour.

Selon l'étymologie, l'éducation signifie "nourrir" par le latin "educare" et également "conduire hors de" par une seconde version, "educere".

Il n'est pas difficile de comprendre qu'il ne s'agit pas de gaver mais bien d'apporter les éléments et les ressources favorables à une auto-suffisance..."Donne-moi un poisson et j'aurai à manger aujourd'hui. Apprends-moi à pêcher et j'aurai à manger toute ma vie." Il ne faut pas oublier d'apprendre à connaître et à aimer le poisson. Ça évite le pillage...

Dans l'idée de conduire l'individu "hors de", j'entends par là la nécessité d'extraire l'individu de son petit moi, de sa suffisance ou de son hébétude, de sa léthargie, de sa complaisance envers lui-même, de ses conditionnements, de ses formatages, de ses abandons, de ses hallucinations...Si l'instruction scolaire entretient, développe, favorise cet embrigadement, elle va à l'encontre de l'homme pour ne s'occuper que du citoyen...Mais le citoyen est manipulable, il croit et se satisfait des "nourritures " qu'il reçoit. Juste des farines animales dont il se délecte au point de jalouser celles du voisin...Consternant. Et magistralement entretenu par les masses opaques du pouvoir. Pas les politiciens, ceux-là ne sont que des marionnettes infatuées. Le pouvoir est aux mains de ceux qui ne se montrent pas, ceux qui possèdent les richesses, ceux qui manipulent les marionnettes. Toutes les marionnettes...

Si l'instruction est destinée à forger des esprits martelés et cadenassés afin que ces individus s'engagent dans une vie sociale légiférée, réglementée et qu'ils s'en satisfassent, alors c'est que l'éducation est morte. Car l'éducation est sans fin. Elle est toujours ce brasier qui ne s'éteindra qu'à la mort. Cette idée répétée aux enfants qu'ils doivent aller à l'école pour avoir un bon métier est une abomination.

Lorsque des enseignants se contentent de recevoir une "formation continue" et s'imaginent dès lors évoluer favorablement parce qu'ils sont au courant des dernières techniques d'apprentissage, ils ne sont que des vaches à lait adorant leur avoine et la main condescendante du fermier qui les trait...
J'avais lu il y a quelques temps que Jacques Salomé avait demandé à intervenir dans une IUFM et que ça avait été refusé par le ministère. Pas question de faire réfléchir les masses enseignantes. Il faut leur apprendre à faire passer des évaluations...Parce que l'impact dans le grand public est très positif...Il faut entretenir une image 'grand public"... En vue des prochaines élections...

Enfin, bon, tout ça, c'est de la politique. Parce que l'instruction est politique.

L'éducation, quant à elle, s'intéresse à l'homme.

Krishnamurti.
" Je me demande si nous nous sommes jamais posé la question du sens de l'éducation. pourquoi va-t-on à l'école, pourquoi étudie t-on diverses matières, pourquoi passe t-on des examens, pourquoi cette compétition pour l'obtention de meilleures notes?
Que signifie cette prétendue éducation et quels en sont les enjeux?
c'est une question capitale, non seulement pour les élèves, mais aussi pour les parents, les professeurs, et pour tous ceux qui aiment cette terre où nous vivons.
Pourquoi nous soumettons nous à cette épreuve qu'est l'éducation...

... la fonction de l'éducation n'est-elle pas plutôt de nous préparer, tant que nous sommes jeunes, à comprendre le processus global de l'existence?

... Assurément la vie ne se résume pas à un travail, un métier; la vie est une chose extraordinaire, un grand mystère, ample et profond, un vaste royaume au sein duquel nous fonctionnons en tant qu'êtres humains..."

" C'est pourquoi il est d'une grande importance que nous soyons éduqués de façon authentique- sans être étouffés par la tradition, sans tomber dans le destin tout tracé d'un groupe racial, culturel ou familial particulier, sans devenir des êtres mécanisés en marche vers une fin déterminée.
celui qui comprend l'ensemble de ce processus, qui rompt avec lui et qui fait front tout seul,- cet homme là est le moteur de son propre élan..."


Krisnamurti
Le Sens du Bonheur: Chapitre I) l'Education Chap XIII) Egalité et liberté

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Thierry
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MessageSujet: Re: Un constat.   Sam 18 Fév - 20:23

Un exemple...
Débat-philo
Une séance avec mes élèves de CM2.
J'en fais un résumé succinct. La séance a duré 1h00.


Ils sont assis, aucune affaire sur la table, même pas la trousse.
Je désigne un enfant et lui dit juste :
"Neige..."
Il me regarde, perplexe.
"Neige...
-Ski ?
Un signe d'acquiescement.
Un autre enfant.
"Océan...
-Bateau."
Un autre enfant.
"Vacances...
-Plage.
-Arbre
-Fruits."
Et ainsi de suite en passant d'enfant en enfant.

Puis une explication de ma part.
"Ce travail s'appelle, l'association d'idée. Je vous donne un mot et aussitôt un autre vous vient à l'esprit. Je n'ai même pas eu besoin de vous dire ce que vous deviez faire au début, vous avez fini par trouver tout seul, votre intuition était la bonne.
Puis une question.
"A quelle partie de votre cerveau faites-vous appel pour trouver le mot que vous me donnez ?"
-La mémoire.
-Oui, c'est tout à fait ça. Vous avez en vous, dans votre mémoire des associations de mots. D'où viennent ces associations ?
-De ce qu'on a lu.
-De ce qu'on a vécu.
-De nos expériences.
-De nos discussions.
-De l'école.
-Des vacances.
-Il s'agit donc d'expériences passées qui se sont inscrites dans notre mémoire. C'est une partie essentielle de notre cerveau."
Je me tourne de nouveau vers un enfant et je lui dis:
"Quark...
-..."
Vers un autre:
"Quark...
-Un animal ?
-Et les autres, vous en pensez quoi ?
-Un extraterrestre ! (rires)
-Le dernier film de Walt Dysney (rires)
-Bon, est-ce que vous faites appel à votre mémoire pour me répondre ?
-Ah ben non, on ne sait pas ce que c'est !
-Pourtant vous avez répondu !
-On a imaginé !
-Voilà, c'est ça, vous avez imaginé. Il y a donc en nous une mémoire et une imagination. Les deux ne se contruisent pas sur les mêmes informations et ne fonctionnent pas pour les mêmes objectifs.
-C'est sûr, on rigole plus avec l'imagination ! (rires) (on rigole beaucoup dans ma classe!)
Je laisse le silence s'installer et je pousse un grand cri en tapant des mains près d'une élève qui pousse un hurlement en bondissant sur sa chaise.
(RIRES !!!!!!!!!!!!!!!!!)
"Bon, que s'est-il passé cette fois ?
-J'ai eu peur, trop peur !!
-C'est quoi cette peur? C'est la mémoire ou l'imagination ?
-Ah ben non, je n'ai pas eu le temps !
-Pas eu le temps de quoi ?
-Pas eu le temps d'imaginer ou de me souvenir, c'était trop d'un coup !
-Alors, c'est quoi qui t'a fait réagir ?
-L'émotion !
-Oui, c'est ça, l'émotion ! Elle vient d'où ? Comment la reçoit-on ?
-Partout !! J'ai sursauté dans tout mon corps !
-Mais c'est ton corps qui a reçu l'information qui t'a fait peur ?
-Ben oui, c'est mes oreilles !
-Mais tes oreilles font quoi de ce qu'elles reçoivent ?
-Elles envoient tout au cerveau.
-Mais si tes oreilles ont reçu l'information pourquoi c'est tout ton corps qui a sursauté ?
-Ah ben parce que le cerveau a dit que c'était dangereux. Alors il a fichu la panique partout !
-Donc, c'est le cerveau qui déclenche cette émotion mais c'est par le corps qu'elle se transmet ou qu'elle prend forme, c'est ça, vous êtes d'accord ?
-Oui, c'est ça, j'ai eu la trouille mais c'est mon cerveau en fait qui a eu peur et tout mon corps a sauté !
-C'est donc une émotion et elle est très soudaine.
-Ah ben oui !
-Comment ça se passe si c'est de l'amour ?
-Ouah, c'est un coup de foudre ! C'est trop chouette (rires).
-Et si ça vient doucement, qu'on découvre que l'autre on l'aime bien, puis on l'aime beaucoup puis finalement on l'adore. Est-ce que c'est toujours une émotion ou est-ce qu'on peut appeler ça autrement ?
-C'est un sentiment plutôt.
-Ah, oui, bien ça, vous êtes d'accord les autres ?
-Oui, c'est comme un copain aussi, au début c'est un pote puis c'est un copain puis c'est un ami. Ca se fait doucement.
Bon, alors, vous voyez que ça fait déjà pas mal de choses à l'intérieur : la mémoire, l'imagination, les émotions, les sentiments. Et moi, ce qui m'intéresse, c'est que vous parveniez à identifier tout ça quand ça vous arrive, à mieux comprendre ce qui se passe en vous. C'est toujours cette phrase de Henri david Thoreau :"Si tu n'es pas toi-même, qui pourrait l'être à ta place?" C'est ça aussi que ça veut dire, est-ce que nous sommes vraiment nous-mêmes, intérieurement, c'est à dire, est-ce que nous savons ce qui s'y passe, c'est un peu comme si on vivait à l'intérieur d'une maison dont on ne connaît pas toutes les pièces, ça serait vraiment bizarre. Et pourtant c'est un peu ça le problème."

Je laisse les remarques s'épuiser peu à peu et puis je prends mon porte monnaie dans ma poche, je sors un billet de cinquante euros et je le laisse tomber sous la table d'un enfant. Je me lève et je lui tourne le dos pendant quelques secondes.
"Qu'est-ce qui s'est passé dans ta tête ?
-Je voulais pas le prendre, répond-il gêné.
-Je sais bien, ne t'inquiète pas ! Mais qu'est-ce qui t'en a empêché ?
-C'est pas bien, c'est du vol. Et puis je sais bien que tout le monde aurait vu que je le prenais.
-Et si personne ne t'avait vu, est-ce que tu l'aurais pris ?
-Non, parce que je sais que c'est à vous.
-Et si ce billet, tu le trouves par terre et que tu ne sais pas à qui il est, qu'est-ce que tu fais ?
-Ah, ben là je le prends !
-Tu n'essaies pas de trouver son propriétaire ?
-Ben, si peut-être mais je sais pas qui c'est ?
-Mais si tu es certaine de le trouver, que tu as vu le billet tomber de sa poche, qu'est-ce que tu fais si tu ne le connais pas ?
-Ah, ben, je ne sais pas, ça dépend si quelqu'un m'a vu le ramasser aussi.
-Tu ne veux pas qu'on te traite de voleur, c'est ça ?
-Ben oui.
-Mais si personne ne t'a vue le ramasser ?
-Ah, ben alors je le garde et je vais acheter des vêtements ! (rires)
-Et les autres, vous en pensez quoi ?
-Non, c'est pas très chouette de le garder je trouve, c'est beaucoup d'argent quand même.
-Ben oui justement (rires).
-Bien, et dans tout ça, qu'est-ce qui en vous déclenche ces réactions ? Est-ce que c'est votre imagination, votre mémoire, vos émotions, vos sentiments ou autre chose encore ?
-Ben, oui j'imagine les vêtements que je vais acheter ! (rires).
-Donc, tu te laisses entraîner par ton imagination.
-Moi je le prends pas parce que mes parents m'ont appris que c'était pas bien.
-Donc, tu utilises ta mémoire et les valeurs que tes parents t'ont enseignées. On appelle ça la morale.
-Moi je le prends pas parce que ça me fout la trouille de me faire voir.
-Donc, tu réponds à une émotion.
-C'est tout mélangé alors !
-Oui, on peut voir ça comme ça mais il y quand même quelque chose en nous qui intervient. Vous vous souvenez de Pinocchio et de Jimmy Cricket ?
-Ah oui, c'est lui qui dit quand Pinocchio fait une bêtise.
-C'est sa conscience !!
-Bien ! voilà, c'est ça, c'est sa conscience. Comment on pourrait expliquer cette conscience en nous ? Qu'est-ce que c'est ? On vient de voir que ça mélange un peu tout ce qu'on a déjà trouvé.
-C'est nos pensées ?
-Quand tu fais un problème de math, tu n'as pas besoin de cette conscience là mais de la conscience que tu dois bien réfléchir. C'est le raisonnement. Quand tu es en haut d'une piste noire de ski, tu dois avoir conscience que ça va être difficile mais que tu peux le faire si tu restes appliqué. C'est la concentration.
-Ah, ben ça fait plein de conscience alors ?
-Ca n'est pas vraiment pleins de consciences mais plutôt diverses utilisations d'un état de conscience. Quand on dort, par exemple, est-ce qu'on peut dire qu'on est conscient ?
-Ah, ben non, sinon on ne dort pas ! (rires)
-Donc, nous sommes conscients lorsque nous sommes réveillés et lorsque nous utilisons tout ce qui est en nous :la mémoire, l'imagination, les émotions, la morale, le raisonnement et certainement encore d'autres notions, d'autres pensées, d'autres états de conscience. mais qu'est-ce qui se passe si nous nous laissons emporter par un de ces états sans réellement le maîtriser, sans avoir clairement identifié ce qui se passe en nous. Je vous donne un exemple : Quand il y a une alerte incendie dans l'école, quand l'alarme retentit, si vous vous laissez emporter par la peur et que vous commencez à crier, vous n'allez pas écouter ce que je dis, vous allez paniquer et vous risquez en plus de déclencher une panique générale, ça arrive souvent des mouvements de foule qui se termine en catastrophe parce que les gens n'ont pas été conscients de ce qui se passait en eux. C'est comme s'ils n'étaient plus réveillés.
-Et pourtant ils ne dorment pas !
-Non, ils ne dorment pas mais pourtant ils ne sont plus conscients. ca vous arrive aussi parfois quand vous paniquez parce que je vous donne un contrôle surprise !
-Ah oui, on a la trouille et on ne réfléchit plus !
-Et du coup, cette peur en vous vous fait tout rater. Ca n'est pas parce que vous ne saviez rien mais parce que vous n'arriviez plus à réfléchir ! Vous vous souvenez que je vous avais dit qu'il fallait peindre en jaune fluo la pensée la plus importante et que lorsque vous voyiez arriver une autre pensée qui n'avait pas la bonne couleur, il fallait vous en débarasser.
-Ah oui, c'est ça qu'il faut faire pour réussir mais c'est difficile de contrôler les pensées ! Ca part dans tous les sens souvent !
-Et bien il faut déjà en être conscient pour réussir à se corriger à l'intérieur. Sinon, à l'extérieur, sur votre feuille, ça va être un sacré chantier. Etre conscient de ce qui se passe en nous, c'est absolument essentiel. Mais il faut pouvoir mettre un nom sur ce qui nous arrive. Cette conscience, c'est un des aspects les plus importants de notre vie et vous voyez bien que ça met en action énormément de choses en nous. Savoir ce qui appartient à notre imagination, à notre mémoire, à nos émotions, à notre morale, à notre raisonnement, tout ça il faut le maîtriser au mieux. C'est le seul moyen de pouvoir faire un choix réel. Sinon nous ne sommes pas conscients, nous vivons comme si nous étions entrain de dormir."

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MessageSujet: Re: Un constat.   Sam 18 Fév - 20:55

Bravo ! j'aurais bien aimé avoir eu un prof comme toi. Ton sujet est très interressant. Ce n'est pas souvent que l'on voit des cours comme ça. Je suis sûr que si on faisait de la philo en maternelle et au primaire, on aiderait les enfants à être mieux dans leur peau, et je crois aussi que les profs seraient drolement surpris par la réponse des petites têtes blondes, qui sont de vrais petits philosophes.
Merci pour ce cours !!!!!
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stip
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MessageSujet: Re: Un constat.   Dim 19 Fév - 11:27

Thierry a écrit:
Doit-on s'en tenir à l'instruction ou doit-on prendre en charge également l'éducation?

Pour ma part, la réponse est évidente. Sans éducation l'instruction est impossible. Il ne s'agirait que d'un intérêt pour le contenu et pas le contenant. J'entends par "éducation" non pas l'adhésion à une morale mais l'ouverture de l'humain à des notions spirituelles.
Morale et ouverture d'esprit ne doivent pas aller l'une sans l'autre.
Mais le mot "morale" qu'à 15/16 ans, je trouvais emprunt de ringardisme tant il représentait une forme de conservatisme bête et crispé (enfant de mon époque, nos aînés nous ont bien formés à célèbrer leur oeuvre de déconstruction flower )
Ce mot Morale ne me fait plus peur aujourd'hui, dépouillé, il retrouve son sens du "savoir vivre " (ringard itou façon ancien régime Laughing ). Et pourtant... Rolling Eyes
Savoir vivre avec "ce que l'on est", "ce qui nous entoure", avec " les autres"
Le mot "philosophie"( amour de la sagesse ou/ et du savoir) lui-même est moral, car on pourrait se poser la question pourquoi aimer ceci, n'est-ce pas?
-Apprendre à penser, dans le cadre de l'école et de la diversité (hors famille) , partager, oui celà doit faire partie de la vie des écoliers, c'est indispensable, à chaque instant.
Presque une façon d'enseigner, cependant il faut à ce travail une grille de lecture, un temps imparti, un cadre ou socle commun, ne serait-ce que pour l'adhésion des parents.
Cet aspect plus éducatif ne doit pas dévorer ce que les parents se sentent le moins aptes à transmettre (à tort ou à raison) l'apprentissage des bases, l'effort.
Pourquoi?
Simplement parce que pour apprendre à penser l'enfant a plus de temps.
Arrivé en 6e, s'il n'a pas acquis le reste, son avenir sera irrémédiablement plombé.





Thierry a écrit:
L'instruction se limite à l'instruction d'un savoir. Pas nécessairement d'un savoir être. On peut être instruit et totalement inapte à la vie.

D'accord, mais difficile d'en juger objectivement.
Qu'est-ce qu'être "inapte à la vie" ? :--D:
Parfois je vois des gens qui pourraient paraître "couillons" Laughing mais qui ont l'air vachement heureux, ainsi.
Je me demande comment ils font, tant je ne voudrais pas vivre comme eux mais au fond, ils sont mieux adaptés.

Thierry a écrit:

L'éducation suppose une connaissance de soi, une conscience de la vie dans ce qu'elle a de plus profond. L'éducation doit promouvoir le développement de l'individu, un être sensible, intelligent, cultivé, respectueux, ouvert, critique et auto-critique, responsable, aimant, contemplatif et déterminé. Un être engagé et non passif. Celui qui reçoit de l'instruction est un être passif que l'on remplit. Mais dont le vide intérieur est un gouffre gigantesque quand son mental se complaît dans le gavage.
Ça, c'est éventuellement, l'ambition de toute une vie, et seule l'éducation parentale peut y prédisposer, avec la fréquentation de l'école puis de ce qui suit.
Thierry a écrit:

Je n'aime pas ce que l'école propose aux enfants. S'il ne s'agit que d'instruction,
Hélas.... D'après les parents que je connaîs, c'est pourtant ce qui fait défaut.
Ils n'attendent pas que l'instit soit un éducateur.
Qu'il se charge de faire avec eux des "têtes bien faites dans des corps sains" ça c'est sûr.

Thierry a écrit:

Le pouvoir est aux mains de ceux qui ne se montrent pas, ceux qui possèdent les richesses, ceux qui manipulent les marionnettes. Toutes les marionnettes...
Le pouvoir va aux mains de ceux qui ont les clés, c'est le rôle de l'école de donner des clés au plus grand nombre.
Regarde de quels milieux viennent ceux, qui font les grandes écoles .
D'ailleurs apparemment les enseignants savent caser LEURS gosses Rolling Eyes
Ce n'est pas parce qu'individuellement, pour tout un tas de raisons, on méprise un système, qu'il faut décider que ce n'est pas important pour les enfants des autres , à commencer par ceux qui n'ont aucune chance d'être "éveillés" par les parents.
Il s'agit de donner à chacun, le moyen de mépriser ou non, de pouvoir rebâtir si on veut détruire, d'avoir les armes pour comprendre et infléchir.
Mais pour celà, il faut savoir au moins lire, écrire, compter et s'exprimer, au départ, c'est aussi bête.
Enfin.... C'est ce que je pense.






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Thierry
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MessageSujet: Re: Un constat.   Dim 19 Fév - 12:14

"Mais pour cela il faut savoir au moins lire, écrire, compter et s'exprimer, au départ, c'est aussi bête."

Et un de moyens comblant en même temps la part existentielle, c'est justement la philosophie parce qu'elle donne du SENS...Privé de ce sens l'instruction contribue au dégoût chez les enfants de cette accession à la connaissance.
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grand pierre
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MessageSujet: Re: Un constat.   Dim 19 Fév - 15:53

Le plus gros problème à l'heure actuelle n'est pas (plus maintenant) la télévision qui "abrutit" tous ceux qui s'en repaissent du matin au soir (et des fois plus !)
Non, le grand problème est le web, internet a incité les gens (de tous âges) à ne plus utiliser leurs facultés de mémorisation pour chercher un renseignement, mais à aller regarder sur un moteur de recherche. Je lisais récemment dans une salle d'attente une revue qui mentionnait cet état de fait. Maintenant les gens savent comment formuler leur requête pour accéder à l'information, mais ils ne mémorisent pas celle-ci une fois trouvée, juste le chemin d'accès est conservé.

J'espère (et c'est encore une de mes contradictions !)vivre assez vieux pour voir la jeune génération refouler toute cette "haute technologie" qui nous est si chère. Ce ne sera que la résultante du conflit des générations qui consiste à renier ce que "ceux d'avant" ont réalisé.
Nos enfants sont totalement dépendants de toute cette technologie et auraient beaucoup de difficultés si d'aventure ils devaient s'en passer du jour au lendemain. Nous qui avons vécu avant cet avènement aurions aussi du mal, mais nous retrouverions les gestes et habitudes ancrées en nous depuis notre enfance, mais eux ?????

Par contre, leurs enfants (c'est à dire nos petits enfants), j'en ai l'intime conviction, sauront mettre des limites à l'acceptable de toutes ces machines et retrouveront le libre arbitre.

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Nelly
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MessageSujet: Re: Un constat.   Lun 20 Fév - 9:23

grand pierre a écrit:
Nos enfants sont totalement dépendants de toute cette technologie et auraient beaucoup de difficultés si d'aventure ils devaient s'en passer du jour au lendemain. Nous qui avons vécu avant cet avènement aurions aussi du mal, mais nous retrouverions les gestes et habitudes ancrées en nous depuis notre enfance, mais eux ?????
Et avec cette habitude de SMS abrégés, ils ne connaissent pas toujours (plus) l'orthographe élémentaire... Crying or Very sad

grand pierre a écrit:
Par contre, leurs enfants (c'est à dire nos petits enfants), j'en ai l'intime conviction, sauront mettre des limites à l'acceptable de toutes ces machines et retrouveront le libre arbitre.
Il y en aura toujours qui conserveront ce côté perfectionniste de la langue alors que d'autres l'écorcheront toujours plus.

Je suis quand même pessimiste quant au redressement de la situation, fut-ce auprès des jeunes générations. Mais il ne faut effectivement pas perdre espoir.
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stip
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MessageSujet: Re: Un constat.   Mer 22 Fév - 8:59

grand pierre a écrit:
Le plus gros problème à l'heure actuelle n'est pas (plus maintenant) la télévision qui "abrutit" tous ceux qui s'en repaissent du matin au soir (et des fois plus !)
Non, le grand problème est le web, internet a incité les gens (de tous âges) à ne plus utiliser leurs facultés de mémorisation pour chercher un renseignement, mais à aller regarder sur un moteur de recherche. Je lisais récemment dans une salle d'attente une revue qui mentionnait cet état de fait. Maintenant les gens savent comment formuler leur requête pour accéder à l'information, mais ils ne mémorisent pas celle-ci une fois trouvée, juste le chemin d'accès est conservé.
D'un autre côté, nous sommes submergés d'informations, comme jamais l'homme ne l'a été depuis son arrivée sur terre.
Pendant des millénaires, il était tout au plus au courant de ce qui se passait dans sa tribu, dans son village point. L'importance de la rumeur devait y être effrayante.
A une certaine période, il y eût les crieurs sur la place publique pour informer les populations sur les grands évènements de la vie locale.
Je me suis souvent demandée à quoi a ressemblé la diffusion d'informations nécessaire aux grands embrasements qui ont marqué l'histoire.
Révolutions Française, Russe ou Chinoise.... Alors que les populations ėtaient majoritairement illettrées.
Puis il y eut la presse écrite, un grand avènement!
Puis, la radio, il y a si peu de temps, la télé avec cette prise en charge des divertissements populaires tout en isolant l'individu de façon paradoxale.
Aujourd'hui avec internet, c'est le bouquet.
Il y a un seuil d'information, je ne peux plus encaisser.
Tous les matins, 1h d'infos sur radio-réveil, ressemble à ça:
"vous reprendrez bien un petit coup de haine?"


grand pierre a écrit:
Par contre, leurs enfants (c'est à dire nos petits enfants), j'en ai l'intime conviction, sauront mettre des limites à l'acceptable de toutes ces machines et retrouveront le libre arbitre.

Je l'espère, pour ne prendre que Facebook, il y a de quoi s'inquiéter....
Délations, insultes, des individus conspués sur place publique Evil or Very Mad
On n'a pas beaucoup de recul encore pour jauger tout ça.
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MessageSujet: Re: Un constat.   Mer 22 Fév - 10:42

[Tous les matins, 1h d'infos sur radio-réveil, ressemble à ça:
"vous reprendrez bien un petit coup de haine?" ]
Vous me demanderez pourquoi on se tape France inter (france info c'est pareil) tous les matins?
Parce qu'on ne supporte pas les pubs et c'est ce qu'on capte le mieux, les autres ça grésille, mon voisin de chambrée Laughing pourtant à côté de l'appareil, n'entend pas ce qu'il s'y dit, Rolling Eyes et moi, je m'exaspère de me réveiller avec de quoi alimenter profondément ma misanthropie latente chaque jour scratch .
Donc j'ai ma dose.... Va falloir que ça cesse... Si seulement on captait FIP!

Tiens, une bonne chanson pour illustrer, le monde au crible des infos

https://www.youtube.com/watch?v=ReStdg7jDrk&feature=youtube_gdata_player
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Nelly
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MessageSujet: Re: Un constat.   Mer 22 Fév - 15:15

stip a écrit:
mon voisin de chambrée Laughing pourtant à côté de l'appareil, n'entend pas ce qu'il s'y dit, Rolling Eyes et moi, je m'exaspère de me réveiller avec de quoi alimenter profondément ma misanthropie latente chaque jour scratch .
J'ai bien ri en t'imaginant... Laughing Change le réveil de place, prends le près de toi, ou change de station ! Quand nous sommes à Paris, Radio Classique tourne en boucle, tu devrais pouvoir capter également. Le réveil se ferait plus en douceur... Wink
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