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 Contes philosophiques

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renal
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Jeu 23 Sep - 9:07

Diogène et le marchand

On raconte que Diogène sommeillait contre le tronc d'un arbre lorsqu'un riche marchand passa près de lui.
- Mes affaires se portent à merveille, lui dit-il, aussi, je voudrais t’en faire profiter. Prends cette bourse pleine de pièces.
Diogène le regarda sans faire un geste.
Allons, lui dit le marchand, prends-la. Je te la donne, car je sais que tu en as bien plus besoin que moi.
Ah bon, lui dit Diogène, tu as donc d'autres pièces comme celles-là.
- Oui, bien sûr, répondit en souriant le marchand. J'en ai beaucoup d'autres.
- Et tu n'aimerais pas en avoir encore beaucoup plus ?
- Si, bien sûr !
- Alors garde cette bourse et ces pièces, car tu en as plus besoin que moi.
(Récit de l'Antiquité grecque)


« Le marchand croit que tout le monde voit la vie comme lui. Dans son esprit, s'enrichir est le seul moyen d'être heureux. Il n'imagine pas qu'il puisse y avoir d'autres façons d'envisager l'existence. Ne sommes-nous pas tous semblables à lui, incapables d'imaginer que les autres puissent avoir d'autres désirs, d'autres rêves, d'autres besoins que les nôtres? Quant à notre société occidentale, sera-t-elle un jour capable de concevoir qu'il puisse exister d'autres modèles de civilisation que celui qu'elle impose à la planète entière ? »
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Brumes
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Ven 24 Sep - 5:42

Citation :
Quant à notre société occidentale, sera-t-elle un jour capable de concevoir qu'il puisse exister d'autres modèles de civilisation que celui qu'elle impose à la planète entière ? »
Bien sûr ! Il y a d'autres modèles, mais que doit-on faire dans certains cas ?

- Excision, exploitation de la femme et de l'enfant, maladies non soignées... par exemple ? la liste est longue...


Dès qu'on veut s'occuper d'aider [u] ces civilisation que nous ne comprenons pas, nous modifions leurs pensées, leurs coutumes. Où s'arrêter ?

Construire des hôpitaux, des écoles , des routes, des barrages... font partie de ces modifications.. ???.

Il faut prendre ses responsabilités, d'un côté comme de l'autre ? En son âme et conscience, au risque d'être rejetés...
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dombom
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Ven 24 Sep - 15:12

[quote="Brumes"]
Citation :
Quant à notre société occidentale, sera-t-elle un jour capable de concevoir qu'il puisse exister d'autres modèles de civilisation que celui qu'elle impose à la planète entière ? »

Quelle bonne idée ! je n'attends que ça !
Mais quand le reste du monde cessera-t-il de baver d'envie devant nos téléphones portables, nos télévisions, nos DAB, nos voitures, nos ordinateurs etc. ?
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marie-josé
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Sam 25 Sep - 11:02

[quote="dombom"]
Brumes a écrit:
Citation :
Quant à notre société occidentale, sera-t-elle un jour capable de concevoir qu'il puisse exister d'autres modèles de civilisation que celui qu'elle impose à la planète entière ? »

Quelle bonne idée ! je n'attends que ça !
Mais quand le reste du monde cessera-t-il de baver d'envie devant nos téléphones portables, nos télévisions, nos DAB, nos voitures, nos ordinateurs etc. ?
hou là!......je ne pense pas que nous avons le monopole là Rolling Eyes
le Japon, la Chine et tous les autres, sont bien équipé de ce côté! Twisted Evil Wink
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Nelly
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Dim 26 Sep - 12:13

marie-josé a écrit:
dombom a écrit:
Brumes a écrit:
Quant à notre société occidentale, sera-t-elle un jour capable de concevoir qu'il puisse exister d'autres modèles de civilisation que celui qu'elle impose à la planète entière ? »
Quelle bonne idée ! je n'attends que ça !
Mais quand le reste du monde cessera-t-il de baver d'envie devant nos téléphones portables, nos télévisions, nos DAB, nos voitures, nos ordinateurs etc. ?
hou là!......je ne pense pas que nous avons le monopole là Rolling Eyes
le Japon, la Chine et tous les autres, sont bien équipé de ce côté! Twisted Evil Wink
J'imagine que Dom parlait des pays dont les ressortissants veulent à tous prix émigrer dans nos pays européens, entre autres. Le Japon se défend très bien lui-même et la Chine commence à émerger.
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renal
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Dim 26 Sep - 16:01

Eglise Saint-Germain-des-Prés, Paris

Il se tenait à sa place habituelle, sa casquette retournée à côté de lui. Pour un mendiant, le porche d'une église, n'est-ce pas l'endroit idéal ? Voilà qu'un homme sort de l'église et dépose un euro dans la casquette. Comme il a un peu de temps devant lui, il entame la conversation...
— Les journées ne sont pas trop longues ?
— Quand j'en ai marre, je m'en vais.
Au fil de ces propos tout simples, les deux hommes s'apprivoisent, et le mendiant se met à partager ses rêves... il aurait tellement aimé s'acheter une mobylette ! À la fin de la conversation, tirant de sa poche un petit cake emballé, il l'offre à celui qui lui a fait l'aumône. Plus tard, celui-ci dira: «J'ai rencontré un mendiant, j'ai quitté un homme. » Ceux qui font la manche n'ont-ils pas souvent autant besoin d'un sourire que d'une pièce de monnaie ? Et la plus grande preuve de dignité n'est-elle pas de pouvoir donner à son tour ?
(Extrait de Contes et paraboles) recueillis par Charles Delhez.
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renal
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Dim 26 Sep - 16:09

Le chapelet du savant

Dans le train, un étudiant voyageait à côté d'un homme qui paraissait assez aisé. « Un riche paysan, sans doute », pensa l'étudiant. Soudain, l'homme tira de sa poche un chapelet. Les perles se mirent à glisser entre ses doigts : il priait. L'étudiant crut bon de l'interrompre.
— Monsieur, la religion est passée de mode... Vous y croyez encore ?
— Mais certainement, répondit son voisin. Pas vous ? L'étudiant se mit à rire.
— Non, vraiment pas. Permettez-moi de vous donner un conseil : jetez votre chapelet aux orties et demandez plutôt à la science de répondre à vos questions.
— La science ? Elle me dépasse, répondit le vieil homme avec humilité. Peut-être pourriez-vous me l'expliquer ?
L'étudiant vit que son voisin était sincère : il en avait même les larmes aux yeux !
Montrez-moi votre adresse pour que je vous envoie de la documentation, proposa-t-il.
L'homme mit la main à la poche de son veston, y prit une carte de visite, et la tendit à l'étudiant avec un gentil sourire. Le jeune homme regretta alors de ne pas être assez petit pour se cacher sous la banquette... Voilà ce qu'il lisait: «Louis Pasteur, directeur de l'Institut Pasteur »


Pasteur, dont on célébrait le centenaire en 1995, demeure pour un large public une figure de savant prestigieuse. Différents partis aimeraient le compter au nombre des leurs. Pourtant ni les athées, spécialement les marxistes, ni ceux qui font du monde ou de la nature un dieu — les panthéistes et le nouvel âge — ne peuvent en vérité revendiquer Pasteur. Car Louis Pasteur, s’il ne fut pas toujours pratiquant, a réellement été un croyant. Croyant à l’Évangile et au Dieu de l’Évangile, croyant à la vie éternelle et à notre réunion dans le Ciel avec nos êtres chers endormis dans la miséricorde de Dieu. Croyant et témoin de Dieu face aux hommes célèbres de son époque tant dans les lettres que dans les sciences.

Maurice Vallery Radot, petit neveu de Pasteur, a admirablement mis en lumière son itinéraire chrétien dans un portrait de Pasteur, un savant chrétien dans le journal La Croix du 31 janvier 1995, et surtout dans son beau livre Pasteur .

(Source http://www.1000questions.net/fr/sf/sf_18_1.html)
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Dim 26 Sep - 16:27

renal a écrit:
«J'ai rencontré un mendiant, j'ai quitté un homme. » Ceux qui font la manche n'ont-ils pas souvent autant besoin d'un sourire que d'une pièce de monnaie ? Et la plus grande preuve de dignité n'est-elle pas de pouvoir donner à son tour ?
J'ai connu quelqu'un, chirurgien dans sa vie active, président d'une association aidant à la réinsertion au moment de sa retraite, qui racontait comment il réagissait face aux SDF. Je précise que, par principe, il ne donnait pas l'aumône à ces personnes faisant la manche. Actif bénévole dans le milieu associatif, il savait que, sur le secteur, certaines structures permettaient de survivre autrement que par la mendicité. Pourtant, il était très humain (j'en parle au passé, car il est décédé il y a peu). Quand il en voyait un en ville, il savait s'accroupir à côté de lui, à discuter un moment. Il conseillait à d'autres d'en faire de même, à l'occasion, car il disait qu'il était incroyable de voir la réaction de certains, cette dignité retrouvée un instant, le fait qu'on les reconnaisse comme un être humain à part entière...
Il faut réussir à le faire...

J'ai entendu parler Lara Fabian à la radio. Elle aurait fait une expérience en chantant dans le métro parisien, mais habillée sans apprêt et seule... Elle n'en revenait pas : les gens passaient sans la voir, sans la reconnaître car ils ne la regardaient pas. Difficile de vivre ça au quotidien !
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anémone
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Dim 26 Sep - 16:41

Nelly a écrit:
renal a écrit:
«J'ai rencontré un mendiant, j'ai quitté un homme. » Ceux qui font la manche n'ont-ils pas souvent autant besoin d'un sourire que d'une pièce de monnaie ? Et la plus grande preuve de dignité n'est-elle pas de pouvoir donner à son tour ?
J'ai connu quelqu'un, chirurgien dans sa vie active, président d'une association aidant à la réinsertion au moment de sa retraite, qui racontait comment il réagissait face aux SDF. Je précise que, par principe, il ne donnait pas l'aumône à ces personnes faisant la manche. Actif bénévole dans le milieu associatif, il savait que, sur le secteur, certaines structures permettaient de survivre autrement que par la mendicité. Pourtant, il était très humain (j'en parle au passé, car il est décédé il y a peu). Quand il en voyait un en ville, il savait s'accroupir à côté de lui, à discuter un moment. Il conseillait à d'autres d'en faire de même, à l'occasion, car il disait qu'il était incroyable de voir la réaction de certains, cette dignité retrouvée un instant, le fait qu'on les reconnaisse comme un être humain à part entière...
Il faut réussir à le faire...

J'ai entendu parler Lara Fabian à la radio. Elle aurait fait une expérience en chantant dans le métro parisien, mais habillée sans apprêt et seule... Elle n'en revenait pas : les gens passaient sans la voir, sans la reconnaître car ils ne la regardaient pas. Difficile de vivre ça au quotidien !
Tu sais Nelly je me souviendrais tj de ce SDF auprès duquel je m'étais arrêtée pour parler un peu, quand je lui ai dit au revoir, il avait du sourire dans ses yeux et m'a simplement dit" merci madame d'avoir pris le temps de me parler " et chaque fois que je l'ai rencontré, je discutais un peu et parfois je lui portais de quoi manger....Sans le savoir, il m'a fait du bien...c'est tout bête
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Lun 27 Sep - 6:14


A la recherche de la Paix

Il était une fois une petite ville dont les habitants arboraient toute l'année un visage triste et morose. Malheureux de voir une telle ambiance régner dans sa ville, le maire fit une proclamation publique :
— Y aurait-il parmi vous un volontaire pour partir chercher la paix ? Je crois que la paix serait la solution à tous nos problèmes !
Un vieux jardinier accepta de partir. De longues semaines passèrent. Le vieux ne revenait pas et les mauvaises herbes envahissaient son jardin. Ce spectacle désolait sa vieille voisine. Elle finit par s'armer d'une bêche et se mit au travail pour entretenir le jardin abandonné. D'autres voisines la regardaient par leurs fenêtres. Elles dirent à leurs grands gaillards de fils :
— Vous n'avez pas honte de rester plantés devant la télévision pendant que cette vieille dame est courbée sur sa bêche ?
— Personne ne l'y a forcée, marmonnèrent-ils. Mais ils avaient mauvaise conscience et finirent par la rejoindre. L'été arriva : le jardin fleurissait, il y avait fort à faire. D’autres bonnes volontés se proposèrent, tous ces camarades de travail se lièrent d’amitié, et le jardin devint un petit bijou. On apportait chaque jour d’énormes bouquets aux malades de l’hôpital, et l’on organisa une grande fête pour déguster ensemble les fruits et légumes du potager.
C’est au cours de cette fête que le vieux jardinier revint. Il fut accueilli par des ovations.
Je n’ai pas ramené la Paix, dit-il. Il parait qu’elle m’a précédé ici. C’est ce que me disaient les gens que je rencontrais ces derniers temps.
(Charles Delhez)
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Lun 27 Sep - 9:34

anémone a écrit:
Tu sais Nelly je me souviendrais tj de ce SDF auprès duquel je m'étais arrêtée pour parler un peu, quand je lui ai dit au revoir, il avait du sourire dans ses yeux et m'a simplement dit" merci madame d'avoir pris le temps de me parler " et chaque fois que je l'ai rencontré, je discutais un peu et parfois je lui portais de quoi manger....Sans le savoir, il m'a fait du bien...c'est tout bête
Nous ressentons souvent (du moins pour moi) un sentiment de malaise en voyant des SDF. Des gens font souvent des erreurs, dans la vie, d'ailleurs, tout le monde en fait, mais certains s'acharnent... D'autres n'ont guère de chance, également. De ce fait, quand nous réussissons à donner un sourire à quelqu'un qui se trouve dans le besoin, on se sent moins coupable. Encore faut-il le faire !

Après avoir entendu les paroles de la personne dont je parlais plus haut, j'ai parlé également à ce que je pensais être un SDF. Là, j'ai été déçue dans la mesure où il s'agissait d'un jeune homme qui se "débrouillait" en faisant la manche parce que son RMI était insuffisant. Il payait un loyer, mais refusait d'aller se nourrir dans les structures prévues à cet effet et dont je voulais lui donner l'adresse. Il connaissait, mais s'en sortait mieux ainsi, disait-il. Là, je trouve que c'est son choix.
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Lun 27 Sep - 15:12

La fête à l’eau

Le royaume traversait des temps difficiles, mais le roi décida d'organiser une grande fête et d'y inviter tous ses sujets. La joie partagée, pensait ce roi avec sagesse, donne du bonheur à tous... Pour que la fête soit vraiment placée sous le signe du partage, le roi demanda à tous ses invités d'apporter une bouteille de vin. A l'entrée du château se trouverait un immense tonneau et chacun y viderait sa bouteille : ainsi, tout le monde boirait de ces dons mêlés ! Quand tous les invités furent arrivés, les serviteurs allèrent puiser au grand tonneau... et se regardèrent pétrifiés : c'était de l'eau ! Tous les invités avaient eu la même idée : ma bouteille d'eau passera inaperçue parmi ces flots de vin.
Gâchée par l'avarice générale, la journée fut teintée d'amertume. Et lorsque les joueurs de flûte se turent sous les premiers rayons de la lune, les invités rentrèrent chez eux en silence. La fête n'était pas finie : elle n'avait jamais commencé.
(Charles Delhez)
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Lun 27 Sep - 15:14

Ce qui est bien dans ces contes et paraboles que je mets en ce moment, c'est qu'il n'y a pas comme les autres une méditation de l'auteur, en fait c'est à chacun de l'interpréter comme il le sent.
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Lun 27 Sep - 15:20

Il était excellent menuisier. L'âge venant, il désirait se reposer, prendre une retraite bien méritée. Lorsqu'il donna sa démission à son patron, celui-ci fut consterné. Le vieil homme était son meilleur ouvrier et son maître d'œuvre le plus efficace : il n'avait pas son pareil pour diriger les autres ouvriers.
— Construis-moi encore une maison de bois, une dernière, veux-tu ? Devant l'insistance de son patron, le vieux menuisier accepta. Mais il n'avait plus le cœur à l'ouvrage. Il travailla correctement, sans plus. II mit moins de soin à choisir les ouvriers et à diriger leur travail. Jamais maison ne fut terminée aussi vite ; cependant, elle n'avait pas la grâce habituelle, la petite touche finale qui faisait dire aux admirateurs : « C'est parfait ! » De toutes les maisons que le menuisier avait réalisées, c'était sans conteste la moins belle. Satisfait d'avoir achevé ce travail imposé et rêvant déjà aux joies de la retraite, le vieux menuisier vint dire adieu à son patron. Celui-ci lui serra chaleureusement les mains.
— Tu as été le meilleur des collaborateurs. Je tenais à te remercier particulièrement. Voilà pourquoi je t'ai fait réaliser cette dernière maison : elle est pour toi. C'est mon cadeau.
C'est ainsi que le menuisier emménagea dans cette maison construite à la va-vite. Son cœur resta longtemps triste et amer. Souvent, il répétait à ses enfants :
— Le dernier mot d'une lettre d'amour doit être aussi bien écrit que le premier.
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Mar 28 Sep - 19:13

Honneur aux vêtements

Houdja est un riche propriétaire terrien qui aime travailler lui même dans ses champs. Aujourd'hui, le soleil inonde les cultures et Houdja travaille le cœur léger, sans se rendre compte du temps qui passe... Sa femme vient le trouver :
— Houdja, tu oublies l'heure ? Et ton déjeuner chez l'émir ? Houdja se redresse vivement.
— C'est vrai ! La fête a lieu aujourd'hui ! Je file au palais. Tant pis pour mes vêtements d'apparat, je n'ai pas le temps de me changer ! En pénétrant dans le palais, Houdja remarque que tous les regards le fuient. L'émir lui-même fait mine de ne pas le reconnaître parmi ses invités somptueusement vêtus ! Blessé, Houdja rentre chez lui, revêt sa tenue de fête, et retourne au palais. Cette fois, il se voit accueilli avec les honneurs habituels...
Au repas, voilà Houdja placé à la droite de l'émir. Celui-ci le salue gracieusement comme s'il ne l'avait pas encore aperçu. Les plats commencent à circuler sur la table. Lorsqu'ils arrivent devant Houdja, celui-ci prend un morceau de viande fondante... et le glisse dans sa poche gauche ! Muets de stupeur, les convives le voient ensuite fourrer une poignée de riz dans sa poche droite. Au moment où les olives prennent le chemin d'une autre poche, l'émir arrête Houdja :
— Tu es fou, mon ami ? Que fais-tu ?
— J'ai cru comprendre que ce n'est pas moi que vous avez invité, mais les vêtements que je porte. Alors, je les nourris !
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Sam 2 Oct - 15:09

La perle précieuse

On raconte en Inde qu'un sage marchait un soir le long des plages de l'océan et qu'il arriva devant un petit village de pêcheurs. Il le traversait en chantant et s'en éloignait pour continuer son chemin, lorsqu'un homme se mit à courir après lui.
— S'il vous plaît, s'il vous plaît ! Arrêtez-vous ! Donnez-moi la perle précieuse !
Le sage posa son baluchon.
— De quelle perle parlez-vous ?
— Celle que vous avez dans votre sac. Cette nuit, j'ai rêvé qu'aujourd'hui je rencontrerais un grand sage et qu'il me donnerait la perle précieuse qui me rendra riche jusqu'à la fin de mes jours. Le sage s'arrêta. Il ouvrit son sac et en sortit effectivement une belle perle. Elle était énorme et elle brillait de mille feux.
— Sur la grève, tout à l'heure, j'ai aperçu cette grosse boule. Je l'ai trouvée jolie et l’ai mise dans ma besace. Ce doit être la perle rare dont tu parles. Prends-la, elle est à toi.
Le pêcheur était fou de joie. Il saisit la perle et partit en dansant, tandis que le sage s'allongeait sur le sable pour y passer la nuit. Mais, dans sa hutte, le pêcheur ne dormait pas. Il se tournait et se retournait sur sa couche. Il avait peur qu'on lui vole son bien. De toute la nuit, il ne put trouver le sommeil.
Aussi, au petit matin, il prit la perle et partit rejoindre le sage. — Je te rends cette perle, car elle m'a procuré plus d'inquiétude que de richesses. Apprends-moi plutôt la sagesse qui t'a permis de me la donner avec autant de détachement. Car c'est cela, la vraie richesse.
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Lun 4 Oct - 6:02

Les ciseaux et l’aiguille

Un roi rendit un jour visite au grand mystique soufi Farid. S'inclinant devant lui, il lui offrit un présent d'une grande valeur, un objet d'une rare beauté, une paire de ciseaux en or incrustés de diamants. Farid prit les ciseaux en main, les admira et les rendit à son visiteur en disant :
— Merci, Sire, pour ce cadeau précieux. L'objet est magnifique, mais je n'en ai pas l'usage. Donnez-moi plutôt une aiguille. Je n'ai que faire d'une paire de ciseaux.
— Je ne comprends pas, fit le roi, si vous avez besoin d'une aiguille, il vous faudra aussi les ciseaux !
— Non, expliqua Farid. Les ciseaux coupent et séparent. Je n'en ai pas besoin. Une aiguille, par contre, recoud ce qui a été défait. Mon enseignement est fondé sur l'amour, l'union, la communion. Il me faut une aiguille pour restaurer l'unité. Les ciseaux déconnectent et tranchent. Apportez-moi une aiguille ordinaire quand vous reviendrez me voir, cela suffira.
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Lun 4 Oct - 6:04

Une carte du monde déchiré

Un père lit le journal, mais son fils le dérange à tout instant. Agacé, il prend une vieille carte du monde, parue dans un journal, la déchire et en jette les morceaux à l'enfant : « Tiens, lui dit-il, refais cette carte. Cela t'occupera. »
Pas facile, n'est-ce pas, pour un petit gamin. Mais le père n'a pas fini de lire l'éditorial, que l'enfant revient tout rayonnant : « Voilà, papa, j ai refait le monde. » En quelques minutes, il avait réussi cette mise en ordre.
« Comment as-tu fait ? », lui demande son père qui ne revient pas de son étonnement en constatant que chaque partie est vraiment à sa place. « Ce n'était pas tellement difficile, dit l'enfant. Au verso se trouvait dessiné un homme ; alors j'ai refait l'homme et le monde se trouvait refait du même coup. »
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Lun 10 Jan - 12:01

La fin du monde

Un beau matin, un petit lapin sortit de bonne heure de son terrier et vit le soleil qui rougissait, pareil à une énorme boule de feu à l'horizon. Comme il n'était pas bien réveillé, cette énorme lueur l'effraya. « Et si la terre était en feu ? Et si c'était la fin du monde ? » Juste à ce moment-là, une pomme tomba de l'arbre et le bruit lui sembla un coup de tonnerre. Il ne lui en fallut pas plus. Aussitôt, il détala à toute vitesse en s'écriant : - Au secours ! Au secours ! C'est la fin du monde !
Alors tous les autres lapins se mirent à courir, entraînant dans leur course les autres animaux qu'ils croisaient.
-Où allez-vous? Où allez-vous? Demandèrent les cerfs, les sangliers et les buffles.
- Vite, vite, il faut fuir ! La terre est en feu ! C'est la fin du monde !
Et le troupeau des bêtes affolées grossissait sans cesse, galopant vers l'ouest, cherchant à échapper à on ne sait quel péril. Dans leur course effrénée, ils croisèrent le lion, roi des animaux. Avec sa voix de tonnerre, celui-ci réussit enfin à les arrêter :
- Où allez-vous tous ainsi ?
-Seigneur, laissez-nous, murmura une bête. Il faut fuir. C'est la fin du monde.
- Qui a dit cela ? !
- On l'a vu, Seigneur !
- Qui l'a vu ?
Alors le petit lapin osa s'avancer :
- Moi, Majesté. En sortant de mon terrier, j'ai vu une grande lueur et entendu un grand bruit.
Le lion calma les esprits et amena toutes les bêtes jusqu'au terrier du lapin.
À ce moment-là, une nouvelle pomme tomba de l'arbre, faisant sursauter le petit lapin.
-C’est donc cela, ta fin du monde ?
Et toutes les bêtes rirent de bon cœur.
Mais le lion leur fit la leçon :
La prochaine fois, vous tous, ne croyez que ce que vous voyez de vos propres yeux.
(d’après un conte bouddhique, raconté par Thalie de Molènes)
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Lun 10 Jan - 15:28

Citation :
La prochaine fois, vous tous, ne croyez que ce que vous voyez de vos propres yeux.

Comme St Thomas !

Et pourtant, qu'est-ce qu'on avale comme couleuvre...; prenant pour argent comptant tout ce qui est dit !
What a Face
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Mar 11 Jan - 7:35

Sans cligner des yeux

Au Moyen Âge, une guerre ravagea l'ancien Japon. Durant ces affrontements meurtriers, une armée envahit une ville qui était restée fidèle à son seigneur. Tous les habitants avaient fui, y compris les moines du temple zen. Seul le vieux maître était resté. Quand le général rebelle pénétra dans le temple, il fut reçu d'un ton glacial. Furieux, il porta la main à son sabre et lança au vieux maître :
Savez-vous que vous avez face à vous un homme capable de vous pourfendre sans même cligner des yeux ?
- Et vous, répliqua le maître avec calme, savez-vous que vous avez face à vous un homme prêt à être pourfendu sans même cligner des yeux ?
Le général prit le temps de la réflexion, puis il s'inclina et se retira.
(D'après un apologue zen)

« Ce conte montre la puissance de la non-violence. La force ne peut rien face à ceux qui sont moralement déterminés. La violence ne peut rien devant ceux qui n’ont pas peur, même de mourir. (Michel Piquemal)


"Il faut être un saint pour avoir cette force là !!!"
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Mar 11 Jan - 10:35

renal a écrit:
Sans cligner des yeux

« Ce conte montre la puissance de la non-violence. La force ne peut rien face à ceux qui sont moralement déterminés. La violence ne peut rien devant ceux qui n’ont pas peur, même de mourir. (Michel Piquemal)


"Il faut être un saint pour avoir cette force là !!!"
Sans doute, mais certains ont une force de caractère incroyable. La non-violence peut être désarmante quand on ne s'y attend pas et qu'on ne connaît que la haine et l'agressivité !
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marie-josé
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Mar 11 Jan - 10:42

Nelly a écrit:
renal a écrit:
Sans cligner des yeux

« Ce conte montre la puissance de la non-violence. La force ne peut rien face à ceux qui sont moralement déterminés. La violence ne peut rien devant ceux qui n’ont pas peur, même de mourir. (Michel Piquemal)


"Il faut être un saint pour avoir cette force là !!!"
Sans doute, mais certains ont une force de caractère incroyable. La non-violence peut être désarmante quand on ne s'y attend pas et qu'on ne connaît que la haine et l'agressivité !

selon moi, il faut plus de courage pour rester zen que pour éclater!
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Mar 11 Jan - 10:52

marie-josé a écrit:
selon moi, il faut plus de courage pour rester zen que pour éclater!
Ah mais oui, ça ne fait pas l'ombre d'un pli !
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Mer 12 Jan - 7:37

Le fiancé choisi

Une merveilleuse fille de roi était en âge de se marier. Mais elle avait
décidé d'épouser l'homme qui serait à la fois le plus riche et le plus pauvre
du monde ! Son père, qui l'adorait, trouva ses propos étranges, mais accepta qu'il fût fait selon son désir.
Le premier prétendant déversa devant la fille du roi des coffres de diamants, des soies, des fourrures,
de la vaisselle d'or et d'argent.- Mes richesses sont innombrables,
déclara ce beau prince, mais je suis l'homme le plus pauvre tant que je
ne possède pas le précieux trésor de ton amour. La jeune fille secoua la tête et le refusa.
Le deuxième prétendant était un guerrier.
- Ma seule richesse, c'est mon sabre, annonça-t-il. Mais, grâce à lui, je ferai pour toi la conquête du monde. La jeune fille secoua la tête et le
refusa.
Le troisième prétendant se présenta en habits simples et les mains vides.
- Je vois ta pauvreté, dit le roi. Mais où est ta richesse ?
- Voilà ma richesse, répondit-il en tendant ses mains nues. Ces mains peuvent forger, tisser, marteler, peindre, couper. Je n'ai qu'elles, mais elles me rendent riche de mille savoirs.
La fille du roi s'exclama :
- C'est le fiancé que j'attendais ! C'est lui, je le choisis.
Et elle épousa le jeune artisan.

(D'après un conte d'Asie Centrale)

Selon ce conte, la vraie richesse est la capacité à savoir travailler de ses mains. Pensez-vous que cette morale soit toujours d’actualité ou bien totalement dépassée aujourd’hui ? (Michel Piquemal)
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Contes philosophiques
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