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 Contes philosophiques

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renal
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Jeu 28 Juil - 13:28

L’aiglon

Une légende très connue en Afrique rapporte qu'un jour un chasseur trouva dans la forêt un aiglon tombé du nid. Il le prit avec lui, l'installa dans son poulailler. Le roi des oiseaux grandissait entouré de poussins qui lui apprirent très tôt à vivre comme eux : il picorait son maïs et, comme eux, il sautillait dans la basse-cour.
Quelques mois plus tard, le paysan-chasseur se posa des questions sur les grandes ailes de cet oiseau majestueux qui pouvait parfaitement voler et qui ne l'avait jamais fait parce qu'il avait toujours été enfermé. Ce brave homme prit conscience de ce qu'il avait fait et décida de relâcher l'animal. Il le fit sortir du poulailler, le prit délicatement dans ses bras pour le déposer sur une colline. Là, il le hissa et lui dit : « Tu es un aigle. Tu es un oiseau du ciel, non pas de la terre. Ouvre tes ailes et vole ! » Mais l'oiseau ne bougea pas. Du haut de cette colline, Il aperçut les poulets et, en sautillant, alla les rejoindre. Le paysan ne faisait que lui dire : « Il ne faut pas te rabaisser au niveau de ces poules qui ne font que se chamailler pour picorer quelques grains par terre. Ouvre tes ailes et vole ! ». Mais le jeune aigle était de plus en plus troublé, cet objectif exigeant le dépassait. Il tremblait de tout son corps et montrait qu'il ne voulait que regagner cet endroit protégé.
Le paysan ne se découragea pas. Le lendemain, très tôt, il l'emmena sur une très haute montagne. Au sommet, il le prit à nouveau, et le levant dans ses bras, il le força à regarder le soleil luisant du matin, tout en l'encourageant : « Tu es un aigle. Tu es né pour évoluer librement dans les airs, pour atteindre le soleil. Tu peux parcourir des distances énormes et jouer avec le vent. N'aie pas peur ! Vas-y, essaie ! Ouvre tes ailes et vole ! ». Alors, l'aigle, fasciné par la lumière, se dressa en seigneur, déploya lentement ses ailes, et avec un cri de triomphe, prit son envol, de plus en plus haut, pour disparaître à l'horizon.
« Qui est né avec des ailes doit s'en servir pour voler », se dit le paysan qui repartit chez lui en chantant.

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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Dim 6 Nov - 9:16

Le froid et le chaud

Deux amis marchaient dans la neige.
- J’en ai assez, du froid, dit le premier, je voudrais que se soit l’été !
- Quand l’été sera là, tu te plaindras de la chaleur et tu regretteras la fraîcheur de l’hiver.
- Peut être, mais aujourd’hui je suis transi.
Le second des deux hommes eut alors une idée. Il creusa un trou dans la neige et il fit un feu avec du bois.
Puis il dit à son ami :
- Tu n’as qu’à te coucher contre le brasier. d’un côté, tu sentiras la morsure du froid, de l’autre, la chaleur du feu. Tu auras ainsi l’une et l’autre à la fois.

Le bonheur se trouve dans le juste milieu.
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Dim 6 Nov - 9:17

Le sculpteur

Un grand sculpteur, un jour, révéla son secret à son entourage.
Pour sculpter un visage, deux règles :
Faire un nez trop grand, pour commencer, car on peut toujours le diminuer, puis des yeux trop petits, car ils peuvent être agrandis,
C’est toujours ainsi qu’il faut procéder :

Bien réfléchir avant d’agir, car certaines actions, une fois commises, ne peuvent être corrigées.
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Mer 25 Jan - 20:36

La patience

Un jeune lettré venait d'être reçu au concours de mandarin. Avant de rejoindre sa première affectation officielle, il organisa une fête avec ses condisciples pour célébrer l'événement. Au cours de la soirée, l'un de ses amis, qui était déjà en poste depuis quelque temps, lui donna ce conseil :
— Surtout, n'oublie pas : la plus grande vertu du mandarin, c'est la patience.
Le fonctionnaire novice salua respectueusement son aîné et le remercia chaleureusement pour cette précieuse recommandation.
Un mois plus tard, au cours d'un banquet, le même ami lui préconisa encore de bien s'appliquer à la patience. Notre jeune lettré le remercia avec un sourire amusé.
Le mois suivant, ils se croisèrent dans les couloirs feutrés d'un ministère. L'aîné attrapa la manche du cadet, le tira vers lui et lui souffla dans l'oreille son sempiternel conseil. L'autre, contrairement à l'étiquette ouatée qui était de rigueur dans les bâtiments officiels, retira brusquement sa manche de soie et s'écria :
— Tu me prends pour un imbécile ou quoi ? Voilà trois fois que tu me répètes la même chose !
Pendant qu'un cortège de dignitaires outrés se retournait, le mentor déclara :
— Tu vois, j'ai bien raison de le répéter. Mon conseil n'est pas si facile à mettre en pratique !
(Contes des sages taoïstes, Pascal Fauliot. Seuil (p. 125-126).
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Dim 12 Fév - 14:06

Pour ceux qui aiment les contes, un petit extrait de Henri Gougaud, conteur !!

Les contes

« L'idée que les contes sont faits pour les enfants est fausse. Elle vient d'une dérive très occidentale et moderne. Dans beaucoup de sociétés, quand on commence à raconter des contes sérieux, les enfants vont se coucher... Mon hypothèse est que les contes constituent la littérature des illettrés. Ce sont des histoires qui ont circulé dans le peuple, qui ne savait ni lire ni écrire, et qui remontent peut-être aux temps où l'écriture n'existait même pas. Ces histoires ont été sans doute en grande partie véhiculées par les femmes. Car les illettrés des illettrés, les négligeables des négligeables, c'étaient évidemment les femmes. Les contes ont donc été considérés comme la littérature des ignorants et, à partir du moment où la société s'est civilisée, et où l'école est apparue, devenant même obligatoire, et où tout le monde a appris à lire et à écrire, les ignorants parmi les ignorants sont devenus les petits enfants. Il y a donc eu une sorte de glissement et de confusion entre littérature des pauvres et littérature pour enfants. Or, c'est faux pour ce qu'on appelle les
« sociétés primitives », et dans une grande partie du monde occidentale. »
« Il faut observer comment les contes s'y sont pris pour se faufiler à travers le temps, comment ils se sont servis du mépris dont ils étaient l'objet pour se donner des forces, pour passer quand même, comment ils nous disent que l'importance d'une parole ne se mesure pas au bruit qu'elle fait : les contes ne sont jamais passés au journal de vingt heures ! Aujourd'hui, on pense que l'importance d'une parole se mesure au bruit qu'elle fait, au fait que dix millions, cinquante millions, cent millions de personnes l'entendent. On peut dire une ineptie entendue par cinq cents millions de personnes, ça n'en reste pas moins une ineptie. Le conte, lui, n'est jamais entendu par des millions de personnes, mais il a été entendu par cent millions de fois une personne. Dans le secret d'un lit, d'un coin de feu, d'une parole qui se faufile partout, comme la vie... »
« Vous savez, Bouddha n'a pas arrêté de dire des contes, et pas à des enfants. Et le Christ ! Et je ne parle pas d'Homère ni des auteurs du Màhâbhârata ! Toutes les traditions spirituelles, les soufis, les moines zen racontent des contes, et ce ne sont pas des histoires tout justes bonnes à endormir les petits. Mais je suis persuadé que si le conte a survécu, c'est justement grâce au mépris dont il a été 'victime. Parce que ainsi, on ne s'en est pas préoccupé, on n'a pas essayé de le manipuler pour en faire du pouvoir, on l'a laissé vivre. Le conte n'était pas récupérable par les lettrés, qui n'allaient pas s'abaisser à tenter de démontrer qu'une citrouille ne peut pas se transformer en carrosse. Ainsi, les contes se sont faufilés à travers les siècles parce qu'on ne s'en occupait pas.
Le conte n’est pas de chair et ne peut donc ni pourrir ni se défaire. C’est une immense leçon de vie : Soyons comme les contes, ils ne nous enseignent pas seulement par ce qu’ils disent, mais par la manière dont ils vivent. Regardez-les vivre et prenez modèle. Pour moi, c’est une telle leçon de vie que j’ai pris les contes comme maîtres. Ils m’ont dit : « sois fluide ! Ne te fixe pas ! Ne t’accroche à aucune opinion ! Ni à aucune personne ! Mais sois perpétuellement aimant. »
(Henri Gougaud)
(Extrait du livre « Donner du sens à sa vie » sous la direction de Marc de Smedt et de Patrice Van Eersel)
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Lun 13 Fév - 16:28

renal a écrit:
Pour ceux qui aiment les contes,
Intéressant, Nicole. C'est vrai qu'on ne se rend pas compte qu'ils ont pu être pensés ainsi. il en est de même pour les vitraux dans les églises ou les cathédrales, les décors de bâtiments, les tableaux d'anciens maîtres... Tous était destinés à l'instruction, car il n'y avait aucun autre moyen de d'expliquer à tout un chacun ce qui se passait. Et il n'y avait pas que les femmes !
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Sam 25 Fév - 15:09

La tache

Autrefois vécut un guerrier qui se trouva cinq ans durant pris de passion pour une femme. Elle était subtile, sensible, fraîche et belle comme un printemps, sauf qu'elle avait dans son œil droit un point blanc, une tache infime aussi menue qu'un grain de sel. L'homme, d'abord, ne la vit pas. Le temps passa. Hélas, tout passe. Son cœur brûlant se refroidit. Il fronça, un jour, les sourcils.
- Femme, dit-il, viens au soleil, que je voie de près ta figure. Tu as une tache dans l'œil. Depuis quand est-elle apparue?
Elle répondit, la tête basse :
-Depuis que tu ne m'aimes plus
(Henri Gougaud)
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Sam 25 Fév - 19:04

renal a écrit:
La tache

Elle répondit, la tête basse :
-Depuis que tu ne m'aimes plus
Eh bien, c'est profond, tout ça et tellement vrai. Merci.
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Mar 6 Mar - 12:30

Le peu et le beaucoup

Djeha transportait sur son âne deux couffes remplis de raisin. Il revenait d’une vigne où il était allé l’acheter afin de le revendre au souk le lendemain matin. Arrivé près de chez lui, il fut assailli par des enfants du quartier qui voulaient goûter son raisin. Ils couraient autour de l’âne en criant :
- Donne-moi une grappe ! Donne-moi une grappe !
Djeha finit par s’arrêter. Les grappes étaient grosses et, en en donnant une à chacun, il aurait sacrifié la moitié du raisin acheté. Il ne pouvait offrir qu’un seul grain à chaque enfant. C’est ce qu’il fit.
- Pourquoi n’en donnes-tu pas plus ? protestèrent-ils.
- Mes enfants, leur expliqua Djeha, le goût d’un grain de raisin est le même que celui de toute une grappe. Il n’y a donc, sous ce rapport, aucune différence entre le peu et le beaucoup.
(Extrait du livre « Contes des sages Djeha et Nasreddine Hodja)
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Mer 7 Mar - 7:54

Qu’est-ce qui existe ?

Un jeune étudiant du zen, assez imbu de lui-même, allait d'un maître à l'autre pour les questionner.
Un jour il rendit visite à un moine ermite, célèbre pour son laconisme et son flegme, et lui dit :
- Tout est appelé à disparaître, tout change et se transforme, nous sommes différents de seconde en seconde, je considère donc que rien n'existe vraiment. Qu'en pensez-vous ?
Le moine fumait une grosse pipe à long tuyau en bambou : il continua tranquillement, sans dire un mot, à tirer sur sa bouffarde de longues minutes durant. Et soudain, il en asséna un grand coup sur la tête de son visiteur, qui hurla de douleur et de colère.
- Si rien n'existe, d'où viens ta douleur, d'où viens ta colère ? lui dit alors le moine.
Le jeune homme comprit et s'inclina en silence.

(Contes extrait de « Sagesses et malices du Zen »)
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Mer 7 Mar - 7:56

La voix de la vallée

Un moine novice vint voir le père abbé d’un temple de montagne :
- Je suis jeune et anxieux, dit-il. J’aimerais tant comprendre la
Voie du zen. Me feriez-vous grâce de m’en montrer le chemin ?
L’abbé lui répondit :
- Entends-tu le murmure de l’eau du torrent dévalant la
montagne ?
Après un temps de silence, le moine dit :
- Oui je l’entends.
L’abbé dit alors :
- Ceci est la porte que tu cherches.
On n’écoute jamais assez ce que la situation présente veut dire.
(Contes extrait de « Sagesses et malices du Zen »)
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Ven 9 Mar - 14:16

C’était aux temps lointains. Cet homme et cette femme un beau jour se marient. Un an passe. Bonheur parfait. Deux ans s’écoulent. Orages, éclats. Trois ans s’achèvent. C’est la guerre. Un matin la femme se lève et s’en va. L’homme la poursuit.
- Femme, reviens ! Que veux-tu ? Me faire enrager ? Il gèle, tu vas t’enrhumer !
Sa compagne, les coudes aux flancs, allonge encore l’enjambée. L’homme s’essouffle et perd courage. Il s’arrête, lève le front, appelle à l’aide le soleil.
- Si tu aimes vraiment ta femme, lui dit le père de la vie, cesse d’attiser vos disputes.
- Sur ma vie j’en fais le serment.
- C’est bien, dit le soleil. Je m’occupe du reste.
Il s’en va, rejoint la fuyarde. Il fait éclore des myrtilles devant elle, sur le sentier. Il y en a soudain des milliers sur les buissons émoustillés, mais la femme poursuit sa route, l’œil fixe, les sourcils froissés. « Elle est vraiment très en colère », pense le soleil, étonné. Au bord de ses pieds furibonds il met au monde des framboises. Elle en écrase quelques unes, renifle mais va son chemin. Le soleil déploie devant elle un tapis de fraises des bois. La femme hésite, puis fait halte, s’accroupit, hume leur parfum. Le bonheur lui revient au cœur. Elle se surprend même à penser : « Quand mon époux (que Dieu le garde !) goûtera ces merveilles-là, s’il les mange dans ma main creuse il en lèchera mes dix doigts. »
Elle voit soudain sur elle une ombre. Elle lève le front. C’est son homme. Tous deux font récolte de tout, tant de délices que de paix.
Les premières fraises du monde vinrent ainsi dans nos contrées.
(Henri Gougaud, L’Almanach)
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Sam 12 Mai - 7:51

Voici un conte, dont l'histoire aurait pu servir de devinette !!!

La bonne question

- Si j’ai bien compris, Samuel, ton ambition est d’être un jour le maître le plus vénérable de Varsovie et sa banlieue.
- En effet, rabbi, je l’avoue. J’aimerais être assez savant pour qu’aucune question au monde ne puisse me clouer le bec. Je veux avoir réponse à tout.
- Et donc pour cela, mon garçon, tu apprends par cœur le Talmud.
- J’en ai lu déjà cent-deux pages et quatorze lignes et demi.
- Félicitations, Samuel. Tu auras donc, assurément, la réponse à l’énigme simple que j’aimerais te proposer. Veux-tu l’entendre ?
- Volontiers.

- Ecoute donc, et imagine. Deux malfaiteurs, une maison. A l’intérieur, un coffre-fort. Toutes les issues sont fermées. Par où passer ? Ils s’interrogent. Ils trouvent : par la cheminée. Ils escaladent une gouttière, trottent sur le faîte du toit, se faufilent dans le conduit, tombent dans les cendres de l’âtre. Ils se relèvent. Ils se regardent. L’un est noir de suie, l’autre non. Il est propre comme un sou neuf Lequel des deux va se laver ?
- Trop facile, rabbi. Le noir.
- Erreur, Samuel. Réfléchis. Le noir voit son compère blanc. Il se croit donc semblable à lui. Mais le blanc, voyant l’autre noir, s’imagine noir, comme lui. Tu me suis ? Alors, qui se lave ?
- Le blanc, rabbi.
- Mais pas du tout ! Le blanc va se laver, d’accord. Logiquement, que fait le noir, quand il voit l’autre sous la douche ?
- Oui, bien sûr, il y va aussi. Ils se lavent donc tous les deux.
- Samuel, mon fils, reste calme. Respire bien. Concentre-toi. Tu vois, je ne m’énerve pas, mais sacré bon sang de bonsoir, ne tire pas trop sur la corde. Je répète donc ma question. Deux voleurs (non, je ne crie pas) descendent par la cheminée. L’un arrive noir, l’autre blanc. Qui va se laver, mille diables ?
- C’est pas les deux ?
- Non, non et non ! Le noir ne va pas se laver puisqu’il voit son compère blanc. Et pourquoi le blanc irait-il quand le noir n’y va même pas ? Tu as compris, tête de mule ?
- Oui, oui, rabbi, c’est bon, c’est clair, tout va bien, aucun ne se lave.
- Tu sais que tu me désespères ? Non, je ne veux pas te froisser, mais tu me sembles bien parti pour le balayage des rues les jours de grand vent sur la ville. Bougre de borgne du cerveau, deux voleurs, une cheminée. Imagine. Visualise. L’un est noir de suie, c’est normal. Comment l’autre pourrait-il être, le cul dans l’âtre, immaculé ? Avant de penser aux réponses, tu dois apprendre, mon garçon, à poser les bonnes questions. Le chemin du savoir est long. Tu n’es qu’au seuil de ta maison. Un pas après l’autre. On commence.

(Henri Gougaud, Le livre des chemins) http://www.henrigougaud.fr
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Ven 29 Juin - 7:33

L’eau

Quelques jours plus tard, un matin (nous étions à nouveau au bord de la rivière), El Chura m’a pris par le bras et m’a soufflé à l’oreille :
- Aujourd’hui tu vas apprendre son langage. Elle a des choses à te dire.
- Comment apprendre le langage de l’eau, Chura ?
- Plonge ton visage dedans, et écoute.
- Mais, Chura, je vais m’étouffer.
- Cesse de te raconter des histoires. Fais ce que je te dis.
Il a tourné les talons, et il est parti. Il n’était pas loin de midi. J’ai hésité à m’agenouiller là, sur la berge de la rivière. Quelqu’un pouvait à tout instant venir. Je craignais de passer pour un jobard si j’étais surpris à plonger ma tête dans le courant, le cul en l’air, comme un flamant rose. J’ai décidé de grimper dans la montagne, où je connaissais un petit lac.
En haut du sentier, l’air était immobile, doux, simple. Je me suis arrêté. J’ai regardé l’eau, en bas, dans son creux volcanique. Sa lumière s’est faite aussitôt bienveillante. Un oiseau a piqué vers la surface bleue. L’eau s’est à peine émue. Je me suis dit : « Elle rit. » Je me suis laissé aller sur la pente. Mes pas ont réveillé des cailloux, ils sont partis devant en bondissant les uns par-dessus les autres, pareils à de petits êtres turbulents. Le soleil était là, suspendu au-dessus de ma tête, à rire lui aussi. Le cœur me battait fort. J’étais comme un enfant qui va vers un cadeau.
D’un moment, sur le rivage, une sorte de timidité sacrée m’a retenu. Je craignais de faire du bruit. J’étais seul dans le silence de la montagne. Je devais accomplir un rite, et je me sentais maladroit. J’ai regardé l’herbe. Elle m‘a dit : « Va, ce n’est pas grave, c’est un jeu. » Je me suis accroupi, j’ai pris un grand coup d’air, j’ai enfoncé ma tête dans l’eau, lentement, et j’ai osé ouvrir les yeux. Le soleil, au fond, caressait le sable, et le sable scintillait. Des millions d’étoiles, au gré de la houle, naissaient, s’éteignaient, renaissaient ailleurs. Comme je contemplais cela, je me suis soudain senti prodigieusement vaste, sans questions, sans espoir, sans peur aucune, tranquille comme un dieu veillant sur l’univers. L’eau faisait à mes oreilles une rumeur d’océan. J’ai eu un instant la sensation que des mains amoureuses palpaient ma figure, mon cou, mon crâne. J’ai relevé la tête. J’ai retrouvé l’air du jour, le soleil. J’ai vu mon reflet tourmenté par la pluie de gouttelettes qui retombaient à l’eau. Je n’étais plus qu’un petit homme, presque rien. Je me suis frotté les yeux. La montagne, le ciel, l’herbe m’ont paru tout proches, complices, attentifs. J’ai plongé à nouveau et j’ai plongé encore jusqu’à m’enivrer de cette découverte : au-dedans j’étais un dieu, au-dehors j’étais un nain. Au-dedans j’étais en paix, au-dehors j’étais en doute. Je suis redescendu vers le village. El Chura m’attendait devant ma cabane. Je lui ai raconté ce qui s’était passé. Il m’a dit
- L’eau est une porte. Le vent, la pluie, la nuit, la neige, les pierres sont aussi des portes. Par n’importe laquelle de ces portes tu peux entrer dans la paix.

(Henri Gougaud, Les sept plumes de l’aigle) http://www.henrigougaud.fr/
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Ven 2 Nov - 18:47

Un roi vindicatif

C’était un roi vindicatif, hargneux, vaniteux, mal vivant. Son plaisir ? Effrayer les gens, les tenir là, sous son regard, et faire semblant d’hésiter entre les renvoyer d’un geste ou leur faire couper le cou. Or, il apprit un jour qu’au marché de la ville était un homme sans souci. Il était vieux, ce vivant-là, et si quelqu’un venait à lui avec quelque souffrance d’âme, il savait trouver aussitôt les paroles qui guérissaient.
- Il a réponse à tout ? marmonna le tyran. Nous allons voir. Qu’on me l’amène.
Deux gardes allèrent le chercher. Voici le vieux sous l’arbre où trônait le monarque.
- Bonhomme, lui dit-il, je ne suis pas de ceux qui se laissent gruger par les marchands de vent. Si je te pose une question, je veux une réponse claire. Pas d’entourloupe, du précis, sinon je te tranche la tête. Tu vas donc répondre à ceci.
Il cogna de sa canne d’or contre l’accoudoir de son siège.
- Qui, du fauteuil ou du bâton, a fait ce bruit, ce « bong » que nous venons d’entendre ?
- Majesté, lui répondit l’autre, je le dirai si tu réponds précisément à la question que je vais aussi te poser. Mais promets d’épargner ma vie si ta bouche reste muette.
Le monarque, intrigué, promit. Alors le vieux leva la main et flanqua sur la joue royale une si franche et belle baffe qu’elle fit taire les rossignols.
- Qui, de ma main ou de ta face, ô majesté, dit le vieillard, a fait ce « flap » indiscutable que l’on vient d’entendre sonner ?
(Henri Gougaud, L’Almanach)

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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Mer 26 Juin - 11:40

LE CONTEUR PHILOSOPHE
DE MICHEL PIQUEMAL

Sophios nous conta une autre histoire, dont je compris qu'elle m'était destinée, à moi le novice, à moi l'étranger...

Le droit d’être différent


Les grands de ce monde ont coutume de maintenir leur bonne entente par de petits cadeaux. Aussi, un jour, l'ambassadeur de Turquie fit porter au roi de Hollande les bulbes précieux d'une plante de son pays qu'il appelait «tulipe». Sans attendre, le jardinier du roi planta les bulbes en terre, mais son geste

souleva dans les allées une vraie tempête :

- Pas d'étrangères chez nous! s'écrièrent les autres fleurs, Elles vont déparer au milieu de nos belles couleurs ! Les embryons de tulipes, qui les entendirent, restèrent donc honteusement cachés au fond des bulbes. Les jours passaient, mais rien ne sortait. Le jardinier, qui était un peu sorcier, se douta qu'il y avait anguille sous roche et fit sa petite enquête auprès des tulipes cachées.  Que se passe-t-il ? murmura-t-il. Pourquoi ne voulez-vous pas sortir de terre ?

Quand il apprit le fin mot de l'histoire, il se dressa sur ses deux jambes et apostropha le jardin :

- Vous n'avez pas honte ? Comment osez-vous traiter les tulipes d'étrangères ? Voulez-vous que je vous rappelle vos origines?... (Silence gêné!) Toi, l'œillet, tu viens d'Amérique... Toi, le chrysanthème, de Chine... Vous, le dahlia et le zinnia, du Mexique... Toi, l'hibiscus, tu as grandi sous les tropiques... Et toi, le camélia, dans la plus lointaine Asie...

Toutes les fleurs baissèrent leur tige...

Elles  s'excusèrent  sans  tarder  auprès  des tulipes,  qui acceptèrent de sortir de leur nid de racines.

Le jardinier s'éloigna en maugréant:

- Qui sait si celle que vous appelez «étrangère» ne sera pas un jour le symbole même de ce pays ? Il en est souvent ainsi avec les «étrangers»..
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Mar 1 Oct - 7:29

Le singe et le chameau

Lors d'une assemblée de bêtes, un singe se leva et se mit à danser.
Comme il avait été très apprécié et acclamé par tous, un chameau jaloux voulut faire de même. Alors il se leva et il tenta lui aussi de danser.
Mais comme il faisait trop de gestes ridicules, les animaux furieux le frappèrent à coups de bâton et le chassèrent.

Certains, par jalousie, rivalisent avec plus forts qu'eux : cette fable leur est destinée. On se ridiculise en essayant de battre dans leur domaine les personnes les plus douées.  
(Fables d’Esope)


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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Dim 6 Oct - 10:23


La Fable et la Vérité


La Vérité, toute nue,
Sortit un jour de son puits.
Ses attraits par le temps étaient un peu détruits ;
Jeunes et vieux fuyaient sa vue.
La pauvre vérité restait là morfondue,
Sans trouver un asile où pouvoir habiter.
A ses yeux vient se présenter
La Fable, richement vêtue,
Portant plumes et diamants,
La plupart faux, mais très brillants.
« Eh ! Vous voilà ! Bonjour, dit-elle :
Que faites vous ici seule sur ce chemin ? »
La Vérité répond : Vous le voyez, je gèle ;
Aux passants je demande en vain
De me donner une retraite,
Je leur fais peur à tous : hélas ! Je le vois bien,
Vieille femme n’obtient plus rien.
- Vous êtes pourtant ma cadette,
Dit la Fable, et sans vanité,
Partout je suis fort bien reçue :
Mais aussi, dame Vérité,
Pourquoi nous montrer toute nue ?
Cela n’est pas adroit : tenez, arrangeons-nous ;
Qu’un même intérêt nos rassemble :
Venez sous mon manteau, nous marcherons ensemble.
Chez le sage, à cause de vous,
Je ne serais point rebutée ;
A cause de moi, chez les fous
Vous ne serez point maltraitée :
Servant, par ce moyen, chacun selon son goût,
Grâce à votre raison, et grâce à ma folie,
Vous serrez, ma sœur, que partout
Nous passerons de compagnie. »

(Jean Pierre Claris De Florian)

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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Dim 6 Oct - 11:57

Pauvre vérité! Est-elle si laide,monsieur de Florian, pour vous faire ainsi peur?
Pourtant s'y côtoient le pire et le meilleur.
Et Je la tiens à l'origine de toutes les avancées de l'humain quand il ose la regarder en face sereinement.
Et si parmi les fables, certaines servent la vérité sans ambage et n'en sont pas moins cruelles comme celles de Monsieur De La Fontaine, il en est d'autres parées d'or qui sont fort trompeuses.
Ce n'est que mon avis.
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Ven 11 Oct - 5:46

Le Lierre et le Thym

« Que je te plains, petite plante !
Disait un jour le lierre au thym :
Toujours ramper, c’est ton destin ;
Ta tige chétive et tremblante
Sort à peine de terre, et la mienne dans l’air,
Unie au chêne altier que chérit Jupiter,
S’élance avec lui dans la nue.
- Il est vrai, dit le thym, ta hauteur m’est connue ;
Je ne puis sur ce point disputer avec toi ;
Mais je me soutiens par moi-même ;
Et, sans cet arbre, appui de ta faiblesse extrême,
Tu ramperais plus bas que moi. »

Traducteurs, éditeurs, faiseurs de commentaires,
Qui nous parlez toujours de grec ou de latin
Dans vos discours préliminaire,
Retenez ce que dit le thym.


(Jean Pierre Claris De Florian)
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Ven 11 Oct - 16:16

renal a écrit:
Et, sans cet arbre, appui de ta faiblesse extrême,
Tu ramperais plus bas que moi. »

Traducteurs, éditeurs, faiseurs de commentaires,
Qui nous parlez toujours de grec ou de latin
Dans vos discours préliminaire,
Retenez ce que dit le thym.


(Jean Pierre Claris De Florian)
Quelle leçon !

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Bienvenue à toi Invité et reviens nous voir souvent.
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renal
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Dim 13 Oct - 7:55


Le philosophe et le Chat-huant

Persécuté, proscrit, chassé de son asile,
Pour avoir appelé les choses par leur nom,
Un pauvre philosophe errait de  ville en ville,
Emportant avec lui tous ses biens, sa raison.
Un jour qu’il méditait sur le fruit de ses veilles,
C’était dans un grand bois, il voit un chat-huant
Entouré de geais, de corneilles,
Qui le harcelaient en criant :
« C’est un coquin, c’est un impie,
Un ennemi de la patrie ;
Il faut le plumer vif : oui, plumons, plumons,
Ensuite nous le jugerons. »
Et tous fondaient sur lui, la malheureuse bête,
Tournant et retournant sa bonne et grosse tête,
Leur disait, mais en vain, d’excellentes raisons.
Touché de son malheur, car la philosophie
Nous rend plus doux et plus humains,
Notre sage fait fuir la cohorte ennemie,
Puis dit au Chat-huant : « Pourquoi ces assassins
En voulaient-ils à votre vie ?
Que leur avez-vous fait ? » L’oiseau lui répondit :
« rien du tout, mon seul crime est d’y voir clair la nuit. »

(Jean Pierre Claris De Florian)
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Dim 13 Oct - 8:08

merci Nicole...Tu vois toute vérité est parfois difficile et la dire et la démontrer nous met en danger !
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Jeu 17 Oct - 7:20

Le Rossignol et le Prince

Un jeune prince, avec son gouverneur,
Se promenait dans un bocage,
Et s’ennuyait suivant l’usage ;
C’est le profit de la grandeur.
Un rossignol chantait sous le feuillage ;
Le prince l’aperçoit, et le trouve charmant ;
Et, comme il était prince, il veut dans le moment
L’attraper et le mettre en cage.
Mais pour le prendre il fait du bruit,
Et l’oiseau fuit.
« Pourquoi donc, dit alors son altesse en colère,
Le plus aimable des oiseaux
Se tient-il dans les bois, farouche et solitaire,
Tandis que mon palais est rempli de moineaux ?
- C’est lui dit le mentor, afin de vous instruire
de ce qu’un jour vous devez éprouver :
les sots savent tous se produire
le mérite se cache, il faut l’aller trouver. »

(Jean Pierre Claris De Florian)
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MessageSujet: Re: Contes philosophiques   Dim 20 Oct - 8:18

L'AVEUGLE ET LE PARALYTIQUE

Aidons-nous mutuellement,
La charge des malheurs en sera plus légère ;
Le bien que l'on fait à son frère
Pour le mal que l'on souffre est un soulagement.
Confucius l'a dit ; suivons tous sa doctrine :
Pour la persuader  aux peuples de la Chine,
Il leur contait le trait suivant.

Dans une ville de l'Asie
Ii existait deux malheureux,
L'un perclus, l'autre aveugle, et pauvres tous les deux.
Ils demandaient au ciel de terminer leur vie :
Mais leurs cris étaient superflus,
Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique,
Couché sur un grabat dans la place publique,
Soufflait sans être plaint; il en soufflait bien plus.
L'aveugle, à qui tout pouvait nuire,
Était sans guide, sans soutien,
Sans avoir même un pauvre chien
Pour l'aimer et pour le conduire.
Un certain jour il arriva
Que l'aveugle à tâtons, au détour d'une rue,
Près du malade se trouva;
II entendit ses cris, son âme en fut émue.
Il n'est tels que les malheureux
Pour se plaindre les uns les autres.
«J'ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres :
Unissons-les, mon frère; ils seront moins affreux.
- Hélas ! dit le perclus, vous ignorez, mon frère
Que je ne puis faire un seul pas; Vous-même vous n'y voyez pas:
À quoi nous servirait d'unir notre misère.
- À quoi? répond l'aveugle, écoutez:
à nous deux Nous possédons le bien à chacun nécessaire,
j'ai des jambes, et vous des yeux.
Moi, je vais vous porter; vous, vous serez mon guide
Vos yeux dirigeront mes pas mal assures,
Mes jambes à leur tour iront où vous voudrez:
Ainsi, sans que jamais notre amitié décide
Qui de nous deux remplit le plus utile emploi,
Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi.»

(Jean Pierre Claris De Florian)
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